Apprenez la survie avec Don’t Starve

Tests et Découvertes

04 novembre 2013 - 07:00

Écrit par Gabriel Champrenaud.

A l’heure où les apocalypses zombies sont à la mode, il n’est pas rare d’entendre des conversations traiter de la survie dans un monde post apocalyptique, là où débrouillardise serait le maître mot. Qui d’entre vous n’a pas déjà entendu quelque chose comme : « Ce serait trippé de vivre dans un monde ou faut trop survivre aux zombies et tout mec trop stylé » ?

Don’t Starve ne parle pas de zombies, ni même d’apocalypse. Mais il vous propose plutôt de survivre dans un monde presque normal, peuplé d’êtres vivants pas normaux du tout, avec toute la rudesse et l’implacabilité qui compose son univers. Prêt pour un petit court de survie élémentaire ? C’est partit !

Apprendre à survivre :

Accueilli par une musique fort sympathique, vous commencerez une nouvelle partie avec pour seule aide un grand homme inquiétant qui se moque de vous et sous-entend que vous allez en baver avant de disparaître en vous laissant à votre triste sort.

Pour survivre, il va vous falloir développer vos talents créatifs et votre logique. L’heure tourne braves gens. Les dangers nocturnes et les prédateurs des sombres lunes ne vous épargnerons pas lorsque vous vous retrouverez tout seul dans la douce nuit de l’été.

Les cochons ne sont pas comme chez nous.

Les cochons ne sont pas comme chez nous.

Très vite on se prend au jeu. On regarde avec appréhension l’horloge peu rassurante en haut à droite de son écran. La nuit arrive, il faut trouver à bouffer et de quoi faire du feu. Et alors que la noirceur tant redoutée s’abat brutalement sur notre existence, on constate avec horreur qu’on ne voit strictement rien du tout en dehors de la faible lueur du feu de camp. Pas même son propre personnage. Mais surtout, il y a les prédateurs, qui n’hésitent pas à vous trucider si vous vous éloigner de la lumière.

Et puis, au petit matin, on commence à trouver ses marques, et on découvre le crafting. Grâce aux nombreuses combinaisons et matières premières, on apprend à construire pioches, haches, pelles, chapeaux, armures et lances pour se défendre, construire un petit campement, ranger ses affaires dans un coffre… En clair, créer son petit coin de paradis pépère, à l’abri de la nécessité.

Et alors qu’on pensait s’en être sortit, alors qu’on se disait quelque chose comme « ouaif trankilou ce jeu en fait », on constate qu’on a plus de bouffe, et qu’il faut s’éloigner toujours plus loin du campement pour en trouver. Et puis la nuit, il y a des sons… des sons étranges… On se sent observé… Et paf ! On se fait attaquer par 4 sangliers  géants en rut ! Un combat intense vous permet de survivre, mais au pris de blessures difficiles à supporter.

Alors, avec le temps, le personnage perd sa force psychologique. On commence à voir des ombres… Des ombres qui s’attaquent même au feu la nuit, et qui baissent son intensité. Les lapins deviennent par la force de l’imagination démente de votre personnage dépressif des espèces de petits monstres, la vue se brouille, forme des vagues, et les hallucinations finissent même parfois par vous attaquer sans que vous puissiez lutter contre. On se demande même si notre personnage n’espère pas toucher le repos de la mort plutôt que de continuer à lutter contre cette survie cruelle.

Quelques-uns des personnages du jeu.

Quelques personnages du jeu.

Et enfin, alors qu’on pense avoir survécu au pire, on réalise que comme sur la planète bleue, il y a des saisons et qu’il n’y a pas que l’été, mais aussi l’hiver. S’éloigner du feu en hiver sans être vêtu, c’est mourir évidemment de froid ! Et on découvre l’oubli de faire des stocks de nourriture. Et les jours sont plus courts, et les nuits plus longues. Alors on souffre, et notre personnage aussi ! Et puis finalement, un jour, on se résigne. On constate que c’est trop tard, et qu’on a tellement merdé tout le long qu’on va finir par crever si l’on ne tente pas un dernier tout pour le tout. Dans un dernier geste de désespoir, on quitte la tranquillité du feu, et on s’éloigne dans la forêt, bravant le froid, à la recherche de nourriture qu’on ne trouvera finalement pas. On meurt d’hypothermie, et on rejoint les squelettes d’aventuriers qu’on croise parfois sur la map, au détour d’une chasse à la matière première.

Et c’est là que la magie opère. C’est là qu’on se dit « hey, c’est bon, cette fois je sais comment faire ! », et on recommence. On développe de nouvelles stratégies, cherche à fabriquer des objets précis. On découvre de nouveaux objets, de nouveaux lieux, et on se rend compte que ce jeu est incroyablement complet, vivant, et original ! Et dès lors, on se dit que les quelques ronds dépensés dedans en valaient vraiment la peine !

Surprenant, original, complet et autodidacte

Pour profiter à fond de Don’t Starve, il faut découvrir le jeu par soi-même. Tout l’intérêt de ce jeu réside dans la capacité du joueur à se démerder. Pour profiter de ce petit bijou, il faut être curieux, et essayer les choses, tout simplement. Plus on tente des trucs, plus on découvre des astuces. Alors, essayez, apprenez et découvrez !

Don’t Starve est un jeu très complet que je suis moi-même loin d’avoir exploré à 100%, et c’est ce qui fait son charme. Chaque partie génère une carte aléatoire, avec des monstres des ressources différentes de la partie précédente. L’exploration de la carte devient essentielle, pour se faire un « plan » de survie. On pense aux ressources qu’on compte utiliser, ou placer son campement, etc.

A chaque partie, c’est de nouvelles découvertes. On tente de survivre le plus longtemps possible, mais la curiosité nous pousse à faire des conneries. On s’approche trop près d’un monstre pour vérifier qu’il est inoffensif pour finalement finir piétiné. On tente de chasser une créature pour ne pas crever de faim et on se fait rouler dessus. Pleins de petits tests et d’expérience qui vont vous permettre de vous éclater de longues heures.

Une carte partiellement explorée par un brave aventurier.

Une carte partiellement explorée par un brave aventurier.

Graphiquement, le jeu est super sympas. Il a une véritable identité, un style que personnellement je n’ai trouvé dans aucun autre jeu. Une espèce de jeu crayonné, très bien animé, entre le comique et le glauque angoissant. Les couleurs sont tantôt sombres, tantôt chaleureuse. Le terrain change sous forme de « couches », en passant du marécage violacé dégueulasse aux plaines de hautes herbes sèches couleur or qui vous remonte le moral. Une ambiance superbe accompagnée d’une musique adaptée, quoi que parfois un peu répétitive.

Le jeu possède de nombreux personnages différents, qui ont tous des spécificités. Certains seront faibles psychologiquement, mais auront des objets en plus au départ, d’autres seront plus résistants aux duretés de la nature que d’autre. Je ne vous en dis volontairement pas beaucoup pour ne pas vous briser le plaisir. Les différents personnages offrent de véritables expériences de gameplay différentes, et rallongera encore la durée de vie du jeu.

Démerdez-vous !

J’insiste sur ce point, mais je pense que le vrai but de ce jeu c’est de vous forcer à vous débrouiller seuls, et c’est plutôt agréable dans un monde on l’on vous tient par la main toute la journée. Il existe d’innombrables sites qui donnent la liste de tous les crafts, les astuces pour choper des oiseaux ou des lapins plus facilement… Même des guides pour apprendre à bien débuter une partie. Tout ceci ne devrait pas être consulté une seule fois avant une bonne trentaine d’heures de jeu minimum. Vous n’imaginez même pas le plaisir que peut procurer ce jeu quand vous constater que vous avez découvert telle ou telle astuce sans l’aide de personne, sans autre soutient que vos propres neurones. Le jeu offre alors un jeu dans le jeu (come la vache qui rit) : on cherche à survivre le plus longtemps possible, mais on cherche aussi à le faire de la manière la plus créative et intelligente possible. On dit aussi que l’imagination de l’homme n’a pas de limites. Votre créativité n’en aura donc pas.

Si vraiment le jeu vous semblerait trop court, la communauté steam produit régulièrement des mods pour améliorer, modifier ou créer du contenu dans le jeu. Par exemple, un mod HUD permet de faire apparaître une minimap constamment visible ce qui permet d’éviter de l’afficher manuellement en appuyant sur TAB.

Préparez-vous à visiter des lieux dangereux...

Préparez-vous à visiter des lieux dangereux…

En parlant de mods, il existe un patch fr passablement bien fait, qui traduit et facilite donc l’accès au jeu pour les moins anglophones d’entre vous ! Il est vrai que les mots comme « salpêtre » ne sont pas très courant en anglais, alors le patch est parfois bienvenu. Il est téléchargeable ici !

Avant de conclure, je voulais vous parler de quelque chose inclut dans le jeu, un gros contenu, mais qui est un contenu caché. En vous en parlant, je spoil donc une partie du jeu. Je vous encourage donc, si le jeu vous intéresse à ne lire cette partie du test uniquement lorsque vous aurez déjà torché une bonne quinzaine d’heure dans le jeu, au moins. Si vous vous en foutez du spoil, alors bonne lecture.

<SPOILER ON>
Le jeu contient un mode caché très complet qui est un mode aventure. Ce mode de jeu vous donne accès à un scénario qui vous permet de débloquer du contenu supplémentaire, déblocable uniquement par ce biais. Il se débloque par la création ou la découverte d’une architecture précise (je n’en dirais pas plus niark niark).
Ce mode de jeu rajoute énormément de durée de vie, puisque lorsque l’on se rend compte qu’il existe, donne un but supplémentaire que la simple survie. Le mode aventure comporte plusieurs quêtes, et peut être rejoué à l’infini une fois l’architecture découverte on construite. Ce mode de jeu rajoute de bonnes heures de jeux, et une difficulté fort appréciée.
<SPOILER OFF>

En Résumé :

Don’t Starve est un excellent jeu, complet, bien foutu et qui offre de nombreuses possibilité, avec néanmoins un système de jeu qui pourrait rebuter les plus impatients d’entre vous. Tout l’intérêt du jeu réside selon moi dans l’apprentissage personnel (jusqu’au stade on l’on ne parvient vraiment plus à apprendre de choses). Les maitres mots sont : démerdez-vous. Vous en avez pour de nombreuses heures de jeux fort appréciables

Les plus :
–    Univers super prenant et surprenant (ouais jeu de mot…)
–    Original
–    Complet
–    Difficile et force à se débrouiller seul
–    Un style graphique unique
–    Une communauté active (mods, améliorations)
–    Le sujet traité dans le spoiler

Les moins :
–    Rebute les impatients
–    Une musique parfois un peu répétitive
–    Rien d’autre pour moi… Et ouaipe !

N’hésitez pas à partager avec nous votre avis sur ce test ou ce jeu!

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