Assassin’s Creed, de la balle masquée

Tests et Découvertes

30 avril 2013 - 10:27

Écrit par Lucas Breithaupt.

L’avatar fashion d’Ubisoft, l’incarnation du style, la sape néo-urbaine, c’est aussi cela, Assassin’s Creed.

Victime de la mode ou coup de maître marketing ?

Des personnages connus, identifiables, identifiés et charismatiques, le jeu vidéo en regorge. Le Duke, Lara, Mario : des muscles, des seins, de la moustache… et Altaïr. Ou Ezio. Ou Connor. Enfin, je ne sais plus, disons le personnage d’Assassin’s Creed, cet encapuchonné qui, agrippé à une corniche, tape des poses les yeux tournés vers l’horizon. Ces dernières années, en matière de classe vidéoludique, on n’a pas fait mieux. Ubisoft l’a bien compris et mise sur sa franchise historico-fantastique comme rarement, prostituant son héros dans de nombreux titres : bretteur dans SoulCalibur V, guest-star de Rayman Legends, costume additionnel dans Final Fantasy XIII-2 et j’en passe. Altaïr, Ezio ou Connor… Les frenchies comptent installer leur assassin dans un maximum de produits, aussi éloignés de l’univers originel soient-ils. Cette présence est un appel du pied aux (nombreux) fans de la série. L’appât du gain au détriment de l’univers ! Mais ce dernier était-il si dense ? Les époques plurielles, les complots, les intrigues, tout passe, se dénoue et s’emmêle. Au final, la série ne laisse qu’une marque, une image : le look branché de son héros, un concept à lui seul. Des bouts de tissus virtuels auxquels la série doit une partie de son succès. Capuche, cape, regard voilé et démarche chaloupante : le design du personnage principal est l’ossature de toute la franchise. Tout le reste (gameplay, etc) a de la gueule mais le coup de génie est là, dans cette tenue seyante. Le blog Creative Bloq a retenu le costume des Assassin’s Creed parmi les vingt meilleurs designs de l’histoire du jeu vidéo. On y trouve également l’armure du Master Chief, le Vault Boy de Fallout et la ville de Rapture, cité mythique de BioShock (dont on ne cesse de vous parler sur ce blog).

Pourquoi se priver d'une recette qui cartonne ?

Pourquoi se priver d’une recette qui cartonne ?

Référentielle, anachronique, même, la robe blanchâtre des Assassin’s Creed avait tout pour plaire. La nonchalance du héros, sa capuche et sa maîtrise du parkour renvoient à des codes contemporains et urbains. Hermétique, le personnage déambule comme un gamin indifférent accroché à con casque audio. Le charisme tient aussi au secret que renferme la tenue, qui masque le visage autant que possible. Car en effet, quoi de plus charismatique qu’une silhouette sur laquelle le joueur peut projeter son propre corps ? L’avatar indéfini d’Assassin’s Creed est un pur personnage de jeu vidéo, un homme de synthèse, un héros creux, interchangeable sous le costume ; même si le troisième volet a tenté de densifier le fil narratif (sans vraiment y parvenir), notamment via la question des origines de Connor. Le premier épisode installait déjà cette métaphore du lien entre le joueur et son avatar, entre Desmond Miles et Altaïr… Oui, les passages les plus chiants ! Grâce à leur avatar branché, les designers d’Ubisoft ont créé une véritable marque, aussi facilement identifiable que transposable. Elle est en train de devenir un produit d’appel pour d’autres jeux. Les Assassin’s Creed sont en passe de réussir là où l’autre licence phare d’Ubi, Rayman, a échoué. Les sweats, les tee-shirts Assassin’s Creed sont déjà là. Pourquoi pas toute une gamme streetwear, promue par Ezio et Altaïr ? Évidemment, la série est plus qu’une panoplie, un déguisement. Mais c’est bien ce look qui cimente Assassin’s Creed, lui donne sa cohérence. Il est certain que retirer ce costume, c’est pour Ubi l’assurance de voir les ventes de sa franchise phare chuter de quelques centaines de milliers, voire quelques millions de copies

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