Humble Bundle Pack : les tests

Tests et Découvertes

11 octobre 2013 - 11:40

Écrit par Gabriel Champrenaud.

Fort intense fut la réflexion en ce qui concerne le sujet de mon premier article sur le noble site sur lequel vous surfez aujourd’hui. Que faire ? Mes confrères sont rodés, balancent allégrement blagues et sujets intenses et bourrés d’humour ! Moi, je n’ai encore rien écrit ! Jeune pousse fragile face à l’immense bambou dont la réputation de sa croissance n’est plus à faire.
Finalement, je me suis dit qu’il n’y avait pas forcément besoin de chercher bien loin : une série de petits articles traitant de jeux pas forcément très connus permettrait de vous faire, peut-être, découvrir de nouvelles choses ! Dans mes prochains articles, nous allons ensemble décortiquer les quelques jeux parus dans le dernier Humble Bundle Pack.

Humble Bundle ? C’est quoi ?

Humble Bundle est un site web qui propose divers jeux développés par des éditeurs pour l’essentiel indépendants. Le concept est assez chouette, car il consiste à proposer huit jeux pour un prix fixé par votre unique générosité. Si vous payez moins que ce que la moyenne des gens offre, vous ne recevez que quatre jeux. Si c’est plus que la moyenne, c’est huit. Tout aussi sympa, c’est vous qui décidez où part l’argent entre les éditeurs, le site, etc.

Pour bien comprendre, il faut savoir que pour le dernier pack j’ai moi-même déboursé cinq misérables dollars US pour les huit jeux – la moyenne étant à 4.85 $ – comprenant des titres comme Limbo, FEZ, ou encore Mark of the Ninja, ce dernier valant 15 € sur la plate-forme Steam.

Et ça sérieux, ça m’a donné la drôle d’impression d’arnaquer quelqu’un, sans savoir qui exactement. Un peu comme si vous trouviez un porte-monnaie sans carte d’identité avec un bon 40 balles dedans. On se dit, bien éduqués que nous sommes, qu’il faudrait le rendre, ce pauvre portefeuille égaré.  Mais bon, pas de cartes d’identité… Bah on prend la thune et on se barre… Voilà.

Aujourd’hui, on va parler d’un petit jeu sympa, Mark of the Ninja, qui est le premier jeu essayé par votre humble – jeu de mot – webmaster-rédacteur débutant.

Mark Of the Ninja

Pour introduire le jeu rapidement, Mark of the Ninja est un jeu d’infiltration, avec quelques phases d’actions, qui vous propose d’incarner un ninja un peu badass choisi pour porter la marque maudite du clan afin d’acquérir des facultés exceptionnelles afin de sauver l’avenir du clan d’une menace armée (rien que ça). Le jeu est un jeu en 2D, qui offre la possibilité de voyager librement dans les niveaux, et de remplir les objectifs avec pas mal de liberté

J’ai commencé ma série de jeux nouvellement acquise avec lui, parce que je n’avais franchement aucune idée de ce que c’était. Dans la liste, on trouvait Limbo, FEZ, et deux ou trois autres bien connus, mais j’ai préféré m’attaquer à quelque chose de plus « underground » pour commencer.

Sombre mais coloré

Quoi de mieux qu'un fumigène pour calmer le toutou?

Quoi de mieux qu’un fumigène pour calmer le toutou?

L’aspect graphique du jeu est intéressant. Les couleurs utilisées par les développeurs sont assez diverses, avec un mélange de rouges, bleus et noirs ainsi que des jaune sable très présents durant toute l’aventure. Ces couleurs sont sombres, mais ont parfois des nuances plutôt chaleureuses (notamment les jaunes, et des verts très vifs) qui permettent de ne pas entrer dans un mode dépressif qui serait vite lourd à porter. Les décors ne varient pas énormément, mais sont bien détaillés et rendent bien avec l’ambiance du jeu.

Mais ce qui m’a le plus séduit, c’est la fluidité des animations du personnage, mais aussi des PNJ en général. Tout est très souple, et les ennemis réagissent de manière plus humaine que dans certains jeux 2D. Par exemple, lorsque vous êtes repéré, les ennemis vous chercheront en prenant des angles de vue pas toujours prédéfinis, regardent bien en l’air, cherchent parfois dans les bouches d’aération, se penchent, se courbent… Beaucoup de petites animations qui donnent du cachet au jeu. On se plaît pas mal à les regarder galérer quand on est bien caché et qu’on peut les observer.

Les personnages, couleurs et décors sont finalement assez proches d’un dessin animé « tout public », ce qui allège un peu la lourdeur de l’ambiance, et c’est pas plus mal. On évite ainsi d’en avoir ras le cul (si vous me le permettez). Si le jeu avait été plus gore, il aurait été aussi plus lourd et plus pesant. Pour un jeu basé sur la rejouabilité, je n’aurais pas vu l’intérêt.

Les musiques du jeu, quant à elles, n’en sont pas vraiment. Ce sont plutôt des sons d’ambiances qui se combinent avec les conversations des gardes, les bruits de pas et d’autres petits bruits forts utiles pour le gameplay, qui permettent ainsi d’utiliser le son à bon escient. C’est un choix qui colle parfaitement avec le jeu : là où le graphisme reste soft, les bruitages rajoutent un peu de lourdeur à l’ambiance. Bien pensé.

« La mort vient du ciel »

Le gameplay est la partie la plus fun du jeu, et de ce côté-là, on sent le travail. Aux premiers abords, j’étais un peu sceptique : on commence le jeu avec pratiquement aucun équipement, et aucune technique particulière. On se fait un peu peur en se disant que le jeu va se résumer à effectuer des assassinats sous forme de QTE (Quick Time Event) et que ça va rapidement devenir bien chiant. Que nenni.

Le jeu offre effectivement en début de partie deux ou trois déplacements et actions intéressantes. Le ninja peut se déplacer sur les murs et les plafonds,  et peut effectuer des meurtres discrets. Pour les réussir, il vous sera demandé d’effectuer une QTE (une touche et un mouvement de stick) ce qui vous permettra de tuer sans vous faire repérer. Rater la QTE dans la précipitation amènera votre pauvre victime à hurler de douleur, et va alerter le voisinage, dérangé par le tapage nocturne.

Rien de bien transcendant, jusqu’à ce que l’on découvre un système de « leveling » via des points de compétences à répartir dans trois arbres de talents. Ceux-ci vous permettront de débloquer des techniques d’assassinats, comme vous laisser pendre du toit pour égorger vos ennemis et les pendre au plafond comme un misérable jambonneau prêt pour la décomposition. La partie fun de cette technique est que les ennemis qui découvrent le jambon se mettent à paniquer – de manière fort bien animée – et tirent de tous les côtés, blessant au passage ses camarades et finissent parfois par se faire remettre à l’ordre par leur capitaine (en mourant).

effet_lumiere

Avant et après avoir regardé sous le plafond

Une grosse mécanique du gameplay repose sur le champ de vision de votre personnage. Lorsque celui-ci est bloqué par un rebord de muret, une porte de trappe, ou un obstacle quelconque, la vue se brouille et devient sombre de l’autre côté. De fait, jouer avec le son devient rapidement vital. Mais cette mécanique devient encore plus présente dans le mode « new game plus ». En effet, toute la vue se brouille en dehors du champ de vision du personnage. Tout ce qui se trouve derrière et au dessus du personnage n’est plus visible si on ne dirige pas la vue du personnage dans ces directions.
Dans le mode « new game plus », cette mécanique dynamise et accentue énormément la difficulté de jeu. Le challenge devient soutenu, et refaire le jeu est tout de suite plus plaisant.

On débloque aussi des armes, comme des fumigènes, des fléchettes délirantes, des mines, et aussi d’autres accessoires ou techniques fort sympathiques. Le ninja pourra également débloquer des pouvoirs, comme des téléportations sur courte distance, la super sensibilité pour déceler les mécanismes, etc.

En fonction de ce que vous avez équipé en début de mission, le déroulement de celle-ci peut se dérouler passablement différemment. Par exemple, une salle où les gars sont tous agglutinés sera rapidement nettoyée à l’aide d’un fumigène, mais sera beaucoup plus complexe à passer si vous vous êtes équipé de mines.

Le jeu invite d’ailleurs le joueur à ne pas exécuter systématiquement les gardes dans le jeu. Vous gagnerez en effet plus de points si vous ne tuez personne pendant votre mission. Au début, on peut se demander si le jeu n’est pas plus simple en ne tuant personne, mais au fil des niveaux, les vivants deviennent un véritable problème.

Qui c'est qui se fait jamboneauïser?

Technique du jambonneau

Un dernier point que je vais aborder en détail sont les costumes. Durant le jeu, vous débloquerez en fonction de votre manière de jouer des costumes pour votre personnage qui vont radicalement modifier votre style de jeu. L’un d’eux vous donne la possibilité de vous soigner en tuant un adversaire, tandis que l’autre vous enlève votre lame, mais vous permet de ne plus faire aucun bruit en vous déplaçant.

D’ailleurs, les phases de « fuite » sont les plus compliquées du jeu. Si vous vous attendiez à pouvoir débarquer en mode bourrin baltringuant du débile dans les égouts à grand coup de cravache coupante, vous allez être déçu. Une fois repéré, vous n’êtes plus rien d’autre qu’un misérable couard qui cherche un trou pour sauver sa pathétique existence. Et les gardes ne vous lâcheront pas : si vous vous engouffrez dans une bouche d’aération à leur portée, ils n’hésiteront pas à se coucher devant et tirer à l’aveuglette pour vous abattre.

D’ailleurs, leurs méthodes de recherche sont plutôt sympas, ils cherchent à plusieurs, regardent en l’air, allument certaines lumières, jettent des fusées éclairantes dans des endroits sombres là où vous n’étiez plus visible etc… Une des parties la mieux foutue du jeu.

Et puis surtout… Surtout il y a les chiens… Les chiens, c’est l’invention du Satan des jeux vidéo, c’est bien connu. Mais dans Mark of Ninja, c’est presque une machine qui vous force à la boucherie. Leur flair (dont le rayon est visible à l’écran) vous repérera quelle que soit votre planque. Même les bouches d’aération en dessous du plancher ne vous sont plus d’aucun secours. L’infiltration devient rageante, et l’on se voit empli d’une furieuse envie de génocider ces clébards. Une bonne idée pour renforcer la difficulté de certaines phases de jeu.

Personne n’est parfait, il paraît

Au fond, s’il y a une chose qui n’est vraiment pas terrible sur ce jeu, c’est bien la narration. Le scénario est plus que simple et se résumerait ici en quatre misérables lignes. Jusque-là, pas de problème : on ne demandait pas forcément à un jeu d’infiltration en 2D de nous sortir un nouveau scénar’ digne de Soul Reaver. Mais le problème est plus dans la manière dont elle est racontée. Les doublages m’ont paru mous, les cut-scene inutiles, et l’histoire racontée de manière un peu bordélique et peu travaillée alors que le scénario lui-même n’est pas terrible et manque cruellement de détails… Gros bémol, mais en même temps, on s’en tape un peu sur ce type de jeux, basés plutôt sur le gameplay et la rejouabilité des niveaux (scoring).

Le temps, c’est de l’argent

Au final, Mark of the Ninja est un jeu très sympa, et qui offre de plus en plus de possibilités au cours du jeu. Les arbres de talents à développer permettent de dynamiser le jeu au fil de l’aventure, et un mode New Game Plus permet de relancer le jeu dans une difficulté supérieure, et ainsi tenter de débloquer l’entier du contenu du jeu et augmenter la difficulté, mais surtout mettre vos talents véritablement à l’épreuve.  Les niveaux peuvent être effectués avec une grande liberté, contenant de nombreux passages différents, des secrets, des équipements utiles quasiment tout le temps… Même si le scénario est… défectueux, il résulte que Mark of the Ninja est un très bon jeu qui offre une très bonne rejouabilité, surtout grâce au mode « new game plus », et sa difficulté fortement améliorée.

Malheureusement, le jeu se termine sans trop forcer en sept heures environ. Alors comme dit précédemment, le jeu offre une très bonne rejouabilité, mais l’histoire et la diversité des niveaux sont du coup un peu mises à mal.
Alors, Mark of the Ninja est-il un bon jeu mais qui ne vaut pas la peine d’être acheté ? Je nuancerai en répondant qu’il ne faudrait pas passer à côté si Steam baisse son prix lors d’une prochaine action sur leur plate-forme de consommation de masse. Mais une quinzaine d’euros (soit presque 20 CHF) pour ce jeu, ça reste, selon moi, un petit peu élevé malheureusement. Une petite baisse, et ça devient un « Must to Play »

En résumé :

Les plus :
–    Graphismes très beaux
–    Fluidité des animations
–    Intelligence (parfois) de l’IA
–    Très bonne rejouabilité
–    Gameplay maitrisé, et original (surtout pour les jeux de lumière)

Les moins
–    La narration écrite par un singe alcoolique
–    Le prix en dehors du Humble Bundle : 15 € un peu cher

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis!

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