Kobayakawa : quand les faibles gagnent la partie

Jeux de plateau

27 septembre 2015 - 12:00

Écrit par Gabriel Champrenaud.

Aujourd’hui, une sélection un peu particulière. Tout comme Shadow Hunter, le jeu que je vous présente aujourd’hui nous vient du pays du soleil levant. Un espèce de poker japonais, assez original, et très accessible.

Peu de règles, facile à comprendre, très sympa et surtout très accessible, dans tous les sens du terme d’ailleurs. C’est probablement le jeu le moins cher que je vous présenterai ici, à moins d’en dégotter un encore moins cher dans le futur. Mais pour le moment, ce n’est pas encore fait.

C’est parti pour un petit jeu de pari et de bluff, original et dépaysant : Kobayakawa !

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David contre Goliath

Un petit tour des règles s’impose comme tout jeu de société. Difficile d’en parler sans vous en décrire les règles. Vous avez trouvé les règles de Shadow Hunter longues ? Pas de souci, celles de Kobayakawa sont très courtes.

Une carte du jeu (le 14)

Une carte du jeu (le 14)

Le jeu contient des cartes numérotées de 1 à 15 en unique exemplaire (il y a donc 15 cartes dans le jeu) et de médailles qui fonctionneront comme des jetons de poker. En début de partie, on mélange ces cartes, et on distribue 4 médailles d’argent à chaque joueur. Ensuite, on donne une seule carte à chaque joueur, puis on tire une dernière carte qui sera posée face visible sur la table, à côté du tas de carte.

Le but du jeu est de finir le tour de jeu avec la valeur de carte la plus forte. Voyons comment se déroule un tour en regardant l’étape d’un joueur. Un joueur n’a que deux actions à sa disposition, et ne peut effectuer que l’une des deux durant son tour:

  • La première consiste à piocher une carte, puis on en défausse une (de façon à n’avoir qu’une carte en main). La carte défaussée est posée devant lui, face visible. Ainsi, les autres joueurs connaissent la valeur de la carte défaussée de cette manière.
  • La deuxième et dernière option consiste, sans la regarder au préalable, de déposer la carte du dessus du tas par dessus la carte qui était face visible sur la table. (Si vous ne voyez pas de quoi je parle, retournez en arrière, et lisez la phase de distribution de cartes).

Cette carte, en milieu de jeu, constitue le Kobayakawa. Vu que c’est le nom du jeu, et que vous êtes intelligents, vous vous doutez bien qu’elle a son importance. En effet, le Kobayakawa a un pouvoir extraordinaire. On y vient.

Lorsque les joueurs ont tous passé leur tour, il est temps de parier. Un joueur ne peut parier qu’une seule médaille par tour. Une partie complète dure 7 tours. A chaque tour, une pièce est misée depuis la banque, par défaut. De fait, par exemple, si deux joueurs misent, le gagnant remporte la pièce de l’autre joueur, plus celle mise en jeu par la banque. Au dernier tour, la banque met en jeu 2 médailles, et les joueurs participant à la mise doivent obligatoirement miser 2 pièces. A chaque tour, comme au poker, seuls les joueurs qui misent révèlent leur cartes, et participe au « battle » pour savoir qui a la carte la plus haute.

Alors, dans tout ça, ce Kobayakawa ? Et bien la particularité de cette carte en milieu de jeu, c’est qu’elle viens s’additioner avec la carte la plus faible des participants à la mise. Ainsi, le joueur qui a la carte la plus forte, avec un Kobayakawa de forte valeur, peut se retrouver à remporter la mise.

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Fourberie japonaise

Médailles (kamons)

Médailles (kamons)

Ainsi, le jeu crée plein de situations intéressantes liées à du bluff. Le fait de poser sa carte devant soi lorsqu’on la défausse peut être un excellent moyen de bluffer. Par exemple, râler en se défaussant d’un 15 alors qu’on a un 4 en main laissera croire à vos adversaires que vous avez une carte forte en main et que ça ne vous arrange pas (un classique, c’est moi qui vous le dit). Alors qu’en vérité, vous gardez une carte faible en espérant maintenir le Kobayakawa, qui lui-même peut être modifié au cour du tour si quelqu’un décide de le remplacer par la carte du dessus du deck.

Un autre aspect, c’est qu’un joueur qui ne participes pas à la mise ne joue plus. Du coup, certains joueurs gagnent, parce que d’autres ne jouent pas. Prenons les joueurs A, B et C, qui possèdent respectivement les cartes en main 3 / 8 et 12. Le Kobayakawa est de 5.

Si A joue, alors il s’approprie le Kobayakawa. Il fait 3 + 5 = 8, c’est moins que 12, et perds. Du coup, le joueur perds aussi. En revanche, si A ne mise pas, alors c’est B qui gagne le Kobayakawa. Et du coup, il gagne à 8 + 5 = 13 !

L’ordre des tours a son importance, puisque le fait de commencer le tour nous empêche presque complétement d’anticiper quoi que ce soit. Il est très risqué de compter sur le Kobayakawa si vous êtes le premier à jouer, puisque tous les joueurs qui suivent peuvent potentiellement le modifier.

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Pourquoi ce jeu ?

Boite du jeu

Boite du jeu

Kobayakawa est un excellent jeu pour introduire une soirée jeu de plateau, pour faire une transition entre deux jeux compliqué, pour passer la pause à l’école, pour pas se faire chier dans le train… En fait, c’est l’ultime passe partout. Les règles sont assimilée sans même avoir effectué un seul tour, les parties s’enchainent très rapidement, et les retournement de situation sont monnaie courante (aller aller… monnaie courante dans un jeu de pari… c’est drôle non ?). Ca rigole, ça hurle genre « oh la grosse chance de porc sale ! », ça s’offusque, ça jubile en amassant 5 médailles en 1 tour… C’est dynamique, c’est rigolo, et si vous aimez le suspens du jeu d’argent, vous pouvez même remplacer les pièces par des francs.

L’autre aspect important, c’est que ce jeu, pour autant que vous n’achetiez pas la version japonaise de luxe avec des pièces de fer, est qu’il est très bon marché. Sur la boutique en ligne exemple, je l’ai trouvé pour 17 CHF, mais il me semble qu’on peut le trouver pour un tout petit peu moins. Bref globalement, 15 – 20 boules pour un jeu qui se joue très bien, pratique à transporter, et très facile à partager.

Enfin son côté poker crée une ambiance à la fois calme et complice, toujours sympa pour tasser une ambiance après un jeu très compétitif. Vous avez surement tous fait une partie de RISK avec votre famille, et si ce n’est pas encore fait, je ne vous le conseille pas forcément. La partie a duré trois heures, votre frère/sœur a pété les plombs en milieu de partie, décrété que l’alliance entre l’Amérique du Nord et l’Australie était débile, et que de toute façon c’est toujours deux contre lui/elle, et que de toute façon c’est un jeu de merde. Après ce drame, sortez Kobayakawa. C’est le jeu parfait pour rendre les gens heureux après de la haine.

Bref, pour conclure, Kobayakawa est une valeur sûre, accessible à tous, et très agréable pour un petit prix. Un bon plan !

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Résumé des règles :

– 15 cartes numérotées de 1 à 5
– On distribue une carte à chaque joueurs, et 4 pièces
– La partie dure 7 tours
– Pour chaque tour, la banque mise une pièce, deux à la dernière. Les joueurs qui veulent miser doivent suivre la banque
– Le joueur qui a la valeur la plus grande en fin de tour gagne
– Le joueur qui a la carte la plus faible ajoute le kobayakawa à sa carte
– Deux actions possibles par tour
o Tirer une carte, et en défausser une face visible devant soi
o Retourner la carte du dessus du deck pour remplacer le kobayakawa

Bon jeu, et amusez-vous bien

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