Plutôt jeu ou plutôt vidéo?

Opinion

27 mars 2014 - 12:04

Écrit par Michael Christen.

Old-gen, current-gen, next-gen… « gen » sait pas trop où l’on se situe! (ça me « gen » de faire des jeux de mots aussi foireux). Bref, toujours est-il que l’on se trouve « officiellement » dans la huitième génération de consoles depuis novembre dernier avec les sorties de la PS4 et de la Xbox One. Présentées comme des révolutions dans le monde des jeux vidéo, les deux bêtes peinent encore à imposer un souffle nouveau dans cet univers bien éculé (attention à ne pas fourcher). Des remakes sans saveurs viennent inonder ad nauseam les rayons de nos boutiques. Pourtant, quelques rares exclus cataloguées « new-gen » percent afin de nous offrir des bribes de ce que pourrait être ce média à l’avenir. Mais les nouveautés qu’elles proposent tiennent-elles plutôt de la partie jeu ou de la partie vidéo du « jeu vidéo »?

 

Jeu est un autre

Qu’entends-je par la partie jeu du « jeu vidéo »? Simplement, des jeux dont les innovations et la fraîcheur se situent dans le gameplay ainsi que dans la manière d’appréhender l’action. Sans émettre de jugement de valeur, il faut bien avouer que cet aspect est trop régulièrement négligé dans les blockbusters de ces dernières années. Pour découvrir des mécaniques inédites, il vaut mieux se tourner vers les petits jeux indépendants qui sont plus ambitieux à ce niveau. Revenons à nos moutons (blancs, pas noirs, je suis pas de l’UDC) et intéressons-nous aux quelques titres libellés « next-gen only » qui tentent d’apporter du grain à moudre dans ce domaine.

Titanfall:

LA grosse sortie (et exclu Microsoft) de cette année 2014, celle que tout le monde se devait d’avoir selon la presse, les publicités, les bêta-testeurs et consorts. Pourquoi un tel buzz? Car Titanfall propose un gameplay fun basé tant sur l’accessibilité que le skill. De plus, son dynamisme lui confère un cachet qui tend à disparaître dans les FPS multi. De la verticalité, des doubles sauts, de la course sur les murs, des titans surpuissants, j’en passe et des meilleurs. Titanfall, réalisé par des anciens d’Infinity Ward (Call of Duty), remet l’arcade au milieu du village et c’est tant mieux. Le titre nous renvoie aux parties endiablées sur Unreal Tournament, Quake ou Time Splitters. Exclusivement multijoueur, il a tout misé sur son gameplay accrocheur et permettant une large progression pour les plus acharnés du frag. Malgré les reproches justifiés que l’on peut lui faire, Titanfall a le mérite d’en mettre plein les yeux grâce a sa jouabilité et non pas grâce à des textures photoréalistes en 1080p (et 30fps évidemment trololo).

Infamous: Second Son:

Dans Infamous, le joueur est surtout marqué par la sensation de puissance dégagée grâce au gameplay.

Dans Infamous, le joueur est surtout marqué par la sensation de puissance dégagée grâce au gameplay.

LA grosse exclu de cette année 2014 pour Sony. Le troisième opus de cette sympathique série arrive à point nommé (c’est à dire en période de disette totale sur PS4) pour s’imposer comme l’incontournable jeu pour tout possesseur de cette console. Sans entrer dans les détails qui seront évoqués lors du test à venir, Infamous: Second Son reprend les bonnes idées de ses aînés afin de les exploiter à fond. Un homme lambda qui acquiert de supers pouvoirs de la mort qui tue d’une façon improbable et c’est parti mon kiki! Si la base de gameplay était déjà là, cet opus exploite les capacités de la console pour nous offrir des pouvoirs plus diversifiés. Par dessus tout, la sensation de puissance est grisante. On saute, on dash, on se volatilise dans des conduits, on vole, tout se combine très bien pour le joueur novice comme confirmé.

Forza Motorsports 5:

Simulation de voitures par excellence, la série des Forza continue son bonhomme de chemin en sortant sur Xbox One. Pas de gros changements pour cette mouture, simplement quelques perfectionnements, qui sont plus de l’ordre de la jouabilité que des graphismes d’ailleurs. Afin de s’approcher toujours plus de sensations réalistes, les développeurs ont ajouté un nouveau système d’intelligence artificielle ainsi qu’ajusté les modèles physiques des véhicules. Le résultat s’avère excellent et impose Forza 5 comme le jeu de course ultime. S’il est certes servi par des graphismes alléchants, le titre se démarque de la concurrence grâce à une conduite aux petits oignons.

Knack:

Bon, d’accord, ce jeu n’est pas une réussite. Au contraire, il ressemble plus à un étron que l’on aurait codé afin que les enfants s’amusent avec du caca (scato-pédophile spotted). Nonobstant la qualité du jeu, force est de constater que les développeurs ont tenté d’innover en proposant un gameplay original, mêlant un peu de Katamari, de Ratchet & Clank et de…Dark Souls. Non, non, je ne suis pas sous l’effet de substances psychotropes, simplement Knack lui emprunte sa difficulté légendaire. Dommage que Knack souffre de défauts aussi énorme que le cul de J-Lo car l’intention de Sony était louable. Quoi qu’on en dise, ce jeu mérite sa place dans la catégorie « Jeu » mais quand on le voit, on peut regretter que l’aspect « Vidéo » a tant été bafoué.

Red Dead Redemption est l'exemple d'un jeu qui a su allier graphismes et gameplay.

Red Dead Redemption est l’exemple d’un jeu qui a su allier graphismes et gameplay.

Video killed the radio star

Ah les graphismes! Si la catégorie précédente ciblait les jeux qui faisaient preuve d’audace dans le gameplay, celle-ci liste ceux qui servent de vitrine technologique à la console. Des pixels par millions, une résolution toujours plus fine et des ennemis toujours plus nombreux, voilà leur argument principal. Généralement servis par une jouabilité classique, ils désirent offrir l’expérience la plus spectaculaire possible.

Killzone: Shadow Fall:

Autant commencer par le jeu qui avait pour seule ambition de nous en foutre plein la gueule! Sur ce point, on peut sans hésiter dire que Killzone a atteint son objectif. Il est vraiment splendide, les décors (surtout en ville) fourmillent de détails et les effets de particules sont de toute bôôôôôôôtééééeeeee. Le travail sur l’éclairage en temps réel est très réussi, parfois un peu trop tant on se retrouve aveuglé. De plus, le jeu n’offre que très rarement des chutes de framerate (et encore, elles sont quasi imperceptibles). Le cahier des charges visuels est donc plus qu’atteint. Quant au gameplay, il se révèle classique et le jeu n’enchaîne que des « couloirs-scripts » tout au long de l’aventure.

Ryse: Son of Rome:

Les graphismes de Rysr sont magnifiques mais desservis par un gameplay insignifiant.

Les graphismes de Ryse sont magnifiques mais desservis par un gameplay insignifiant.

Oh la la, un jeu sur des légionnaires romains, ça peut péter grave. Et en effet, Ryse pète un max! Visuellement, c’est du très lourd que nous ont servi les p’tits gars de chez Crytek (bon, c’est ce qu’ils savent faire de mieux en même temps). Des explosions aux visages, tout atteste d’une maîtrise sans faille du moteur graphique. Malheureusement, c’est manette en main que le bât blesse. Le titre est très vite ultra répétitif et multiplie les QTE comme Rocco les partenaires sexuelles. C’est dommage qu’un titre n’ait pas plus d’ambition que n’être qu’une simple vitrine technologique. M’enfin, c’est un peu l’apanage des premières sorties sur les nouvelles consoles, il faut montrer qui a la plus grosse.

Dead Rising 3:

On touche ici à un notion un peu différente de « Vidéo » car le troisième opus de la série de Capcom n’affiche pas de graphismes renversants. Au contraire, le jeu n’est pas très beau mais peut afficher une grande quantité de zombies à l’écran.  Des marées de morts-vivants vont donc assaillir votre personnage et il faudra, comme d’habitude, les trucider avec diverses armes, aussi loufoques que variées. Le concept du jeu n’a pas changé d’un iota et toute la communication a été axée sur le nombre d’ennemis supportés simultanément par la Xbox One. Au final, le jeu ne révolutionne en rien son concept mais propose simplement une évolution technique.

Conclusion:

Au final, on peut voir que la nouvelle génération offre un choix relativement équilibré entre jeu et vidéo. Malheureusement, aucun des titres n’a réussi à combiner de manière vraiment efficace les deux pour proposer un véritable « jeu+vidéo ». Certes, nous en sommes encore aux balbutiements de la new-gen (et on sait qu’il ne faut jamais acheter une console dès le départ) et nul doute que l’avenir va nous proposer des perles qui allieront à merveille les deux aspects. Tant qu’il ne se profile pas vers les démos payantes à la MGS V: Ground Zeroes, je serais déjà grandement soulagé.

P.S. N’ACHETEZ PAS MGS V MÊME S’IL VOUS TENTE, IL NE FAUT PAS TOLÉRER  CE GENRE DE PRATIQUE!!!

 

 

 

 

articles recommandés

Le prix de la critique

Test : Far Cry 3, succombez à la folie

Test: Bioshock Infinite, un choc dont on ne se remet pas

Place aux commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.