Shadow Hunter : la chasse est ouverte

Jeux de plateau

14 septembre 2015 - 12:00

Écrit par Gabriel Champrenaud.

J’ai choisi de vous parler de Shadow Hunter en premier, parce qu’il fait partie des ces jeux qui m’ont complètement redonné goût aux jeux de plateaux.  C’est aussi l’un des jeux que nous vous proposerons ces prochaines semaines qui rassemble le plus de monde autour de la table. En effet, peu de jeux permettent de réunir jusqu’à 7 joueurs, et nécessitent au moins 5 participants pour être vraiment intéressants.

C’est tout de même le but du jeu de plateau, aussi appelé « jeu de société » : rassembler un maximum d’amis ou membre d’une même famille pour passer un bon moment autour d’une table. Et Shadow Hunter s’y prête très bien, en s’adressant au geeks, certes, mais en étant tout à fait accessible à n’importe quel moldu standard. Ne vous inquiétez pas, si vous n’avez qu’un seul ami ou un seul membre de votre famille sous la main, il y aura aussi des jeux pour petits groupes asociaux ces prochaines semaines. Mais en attendant, ‘va falloir faire du social.

L’article que vous vous apprêtez à lire décrit les règles du jeu, puisqu’il est difficile de parler d’un jeu sans en expliquer le fonctionnement. Après l’explication de son fonctionnement, je tâcherai de vous expliquer en quoi le jeu est particulièrement intéressant au delà des règles du jeu, et vous parlerai un peu de son prix, et de moyens de l’obtenir. J’espère en cela vous décrire au mieux l’intérêt du jeu, et vous donner envie d’en faire la découverte. En effet, contrairement à certains tests de jeux vidéo que nous avons fait dans le but de vous prévenir, les jeux de sociétés que nous vous présenterons seront tous, à notre avis, d’excellents jeux.

Aller, on passe l’intro, commençons la chasse !


Un concept simple. Et efficace.

Shadow Hunter possède un concept de base extrêmement simple. Deux équipes principales : les shadows (qui sont les archétypes des méchants : un changeur de forme, un loup garou et un vampire), et les Hunter (qui sont les gentils chasseurs, protecteurs de la veuve et de l’orphelin). Leur objectif respectif : tuer tous les membres de l’équipe adverse. Au milieu de ces tarés sanguinaires existent quelques personnages « neutres » qui suivent un objectif unique pour tenter de gagner. A noter que leurs objectifs ne sont pas incompatibles avec la victoire des Shadows ou des Hunters. Par exemple, Annie, un des personnages neutre, doit juste rester en vie jusqu’à la fin de la partie. Elle gagne donc si l’équipe Shadow ou Hunter disparait. Mais nous reviendrons là dessus plus tard.

Bon, rien de bien original, me direz-vous. Certes sauf que la grosse particularité de ce jeu est que l’identité des personnages est initialement inconnue. Vos cartes personnages vous sont offertes aléatoirement, et restent fassent cachées en début de partie. Dit autrement, personne ne sait qui est qui : vous ne connaissez que le nombre de personnages Hunter, Shadow et Neutres en jeu.

 

Le plateau de jeu. Les points de vies sont à gauche, et les lieux au centre. Cliquez pour agrandir l'image.

Le plateau de jeu. Les points de vies sont à gauche, et les lieux au centre. Les cartes lumières, visions et ténèbres à droite. Cliquez pour agrandir l’image.

 

De la finesse à la boucherie

Comment découvrir qui est qui dans ce cas ? Plusieurs choix s’offre à vous. Le principal est l’utilisation de cartes que l’on obtient durant la partie. Ces cartes se présentent de la façon suivante : un joueur pioche la carte, lis son contenu, et la donne à un de ses petits camarades. Sur la carte, il peut être écris, par exemple : « Je pense que tu es un Hunter, si c’est le cas, tu perds un point de vie ». La personne désignée répondra alors « je perds un point de vie » ou « il ne se passe rien ».

De fait, seules les personnes ayant échangé la carte obtiennent une information. Les autres joueurs, en fonctions de leur réactions et de leur choix en cours de partie peuvent deviner s’ils sont dans la même équipe où non. Sauf que…

Sauf que chaque personnage a une particularité (qui vous sera décrite plus précisément par la suite). Et que l’un de ces personnages s’appel Métamorphe (oui oui, comme le pokémon). Et que Métamorphe a la particularité d’avoir le droit de… mentir. Du coup, le gentil bonhomme peut vous répondre « il ne se passe rien » quand vous lui tendez une carte « je pense que tu es Shadow ». Et ça bien sûr, ça fout bien le dawa comme on dit par chez nous.

Du coup il vous reste une autre solution. Une solution un peu plus directe, mais bon, des fois c’est un peu plus efficace que la parlotte hein. On se comprend, entre gros bourrins. L’autre solution donc, c’est de tabasser aléatoirement vos confrères en espérant ne pas avoir choisi votre allier, ou en espérant que sous la pression de la violence et de la mort imminente, certains individus révèlent leur vraie nature plus tôt que prévu.

De fait, il n’est pas rare de voir des amis s’entretuer gaiement parce que « bah, fallait bien taper quelqu’un 😀 ». Après, chacun ses stratégies, mais celle-ci a au moins le mérite de créer un certain stress et des situations assez amusantes.

Des exemples de cartes vision.

Des exemples de cartes vision.

 

Guide de survie en territoire Shadow

Alors, comment tuer ? Tout d’abord, il vous faudra vous trouver dans le même secteur que votre cible. Un secteur comprend deux lieux, et il existe trois secteurs sur le plateau de jeu. Pour les gens qui mériteraient une unité de rattrapage en mathématique, 3×2 = 6 lieux. Chaque lieux disposent d’événements qui leurs sont propres : tirer un certain type de carte, voler un équipement à un adversaire, soigner un allier, etc…

Un équipement propre aux Hunters.

Un équipement propre aux Hunters.

Le déplacement sur un lieu se fait aléatoirement à l’aide d’un jet de dès (sauf si vous faites 7, auquel cas vous pourrez vous déplacer où vous le souhaitez). En fonction du chiffre, vous vous déplacerez d’un lieu à l’autre. En fonction des gens sur votre secteur, vous pourrez alors faire le choix, ou non, de frapper gratuitement un voisin. L’attaque s’effectue avec deux dès, un à 4 faces, et l’autre à 6. On prend alors le nombre le plus élevé et on soustrait la valeur la plus faible. Pour les nuls en maths, sans équipements, on peut donc infliger de 0 à 5 points de dégâts.

Pour faciliter vos mises à mort, vous aurez également la possibilité de ramasser des cartes autres que les cartes visions introduites plus haut. Il existe deux autres types : les cartes ténèbres, et les cartes lumières. Si vous êtes un geek, vous aurez déjà supposé que les cartes ténèbres contiennent des événements et des équipements plutôt offensifs, tandis que les cartes lumières contiennent des événements et équipements défensifs. Certaines cartes lumière concernent également uniquement les Hunters, et donc certaines cartes ténèbres ne fonctionneront également que si vous êtes Shadow. C’est également un éventuel indice sur la faction de votre adversaire.

Les équipements vous offrent toutes sortes d’avantages : taper plus fort, atteindre des zones inaccessibles du jeu (attaques à distances), subir moins de blessures… Certains équipements peuvent même devenir gênants, comme le katana maudit qui vous oblige à frapper à chaque tour.  Les événements, quant à eux, créent des explosions aléatoires sur le jeu, soigne un personnage, en blesse un autre, etc… Je vous laisserai les découvrir une fois en jeu, certains sont plutôt cocasses.

Lorsque vous choisissez de piocher une de ces cartes, vous êtes alors obligés de vous en équiper, ou d’activer son effet. Il est donc parfois risqué de piocher les dites cartes. Surtout lorsque vos points de vie sont proches de 0. Il nous est déjà arrivé de perdre une partie sur une carte infligeant des dégâts aléatoirement (d’ailleurs, c’était très drôle).

 

Chacun sa personnalité

Deux personnages du jeu.

Deux personnages du jeu.

Chaque personnage dispose d’une capacité spéciale. Hormis Métamorphe (qui ment), chaque personnage ne peut utiliser sa capacité que lorsqu’il est révélé. Autrement dit, utiliser sa capacité spéciale permet à tout le monde de savoir précisément qui vous êtes. Cela peut être pratique (notamment pour votre allier), mais aussi très dangereux, puisque vous devenez une cible facile pour tous vos adversaires. Ces capacités permettent parfois d’infliger immédiatement des dégâts à un adversaire. Un des exemples amusants est le suivant : un adversaire vous dit « je vais t’attaquer ». Durant la partie, vous incarnez « Franklin ». le pouvoir de ce brave garçon, c’est qu’une fois révélé, vous pouvez lancer un dé à 6 face, et infliger le montant indiqué sous forme de dégâts immédiatement à votre adversaire. De fait, vous vous révélez, roulez le dé, faites 6 et votre adversaire décède, tout penaud sous les quolibets acharnés de vos camarades de jeu, et les plaintes mal dissimulées de son allier, sensé être anonymes, mais bien sûr beaucoup trop sous le choc pour réussir à retenir ses émotions.

Les pouvoirs renversent généralement le cours des parties, et dynamise beaucoup le jeu. De plus ils augmentent bien la jouabilité des parties, puisque vous incarnerez toujours un personnage différent, qui vous invitera à jouer d’une autre manière. Un très bon point.

 

Alors, pourquoi ce jeu ?

Shadow Hunter est un jeu très interactif. Les joueurs à table discutent, se méfient, se mélangent les pinceaux en cherchant de savoir qui est qui, négocient quand ils sont neutres pour se rallier à une équipe ou une autre, s’entretuent joyeusement, etc… C’est un des jeux les plus actifs que je connaisse, et mélange subtilement compétition et coopération. Métamorphe, le personnage menteur, est peut être la clé de son gameplay, puisque son existence même implique le doute, alors qu’il n’est parfois même pas en jeu.

La boite du jeu.

La boite du jeu.

Du coup, c’est un jeu propice à la déconne et à la bonne ambiance. On ne s’ennuie jamais, et les parties s’enchainent généralement très vite pour un jeu de plateau : entre 20 et 30 minutes par parties. Du coup, on change aussi d’allier, et on coopère un peu à tâtons. Un bon moyen de créer des liens dans un groupe. Il pourrait être un jeu intéressant pour un groupe de personnes qui ne se connaissent pas.

Un autre point sympathique, c’est qu’il suffit d’un tour de jeu pour être « rodé ». Dit autrement, pas besoin de nombreuses parties pour commencer à s’amuser et comprendre. On s’amuse immédiatement, et personne ne se fait chier. Et même les gros bourrins y trouvent leur compte, puisqu’ils peuvent taper dans le tas sans pour autant ruiner le jeu.

En clair, si vous avez l’occasion de réunir beaucoup d’amis autour d’une table, c’est un véritable must-have. Si vous voulez recréer des liens irl avec des amis geeks, c’est l’option de choix. J’ai nécessairement omis certaines précisions, comme les objectifs de chaque personnages neutres, ou les capacités spéciales de chaque personnages, d’une part pour vous alléger au maximum la lecture de cette article, d’autre part pour vous en laisser la surprise !

 

Et le prix ?

Si vous êtes à proximité d’un magasin de jeu de société, je ne peux que vous conseiller d’y jeter un œil pour voir s’ils possèdent le jeu, et éventuellement de le commander chez eux s’ils ne le possèdent pas (en vous renseignant sur le prix).

Pour vous faire une idée, j’ai choisi une boutique en ligne au hasard spécialisée dans les jeux de société en Suisse, dont je ne vous révélerai pas le nom, parce que nous ne souhaitons pas faire de publicité, même indirecte. La boutique propose un service de livraison avec des frais de port, que je jugerais importants. Mais sans les frais, le jeu coute actuellement 29 CHF sur leur site. J’imagine que les prix ne varient pas forcément beaucoup plus haut ou plus bas.

Personnellement, et pour m’éviter un maximum de frais étant étudiant et pauvre, j’ai effectué mes achats sur un site de jeux de sociétés français. En accumulant les frais de douanes et de transport, j’ai tout de même pu économiser un peu, mais pas tant que ça. C’est pour cela que je vous invite tout de même à soutenir vos boutiques locales : les magasins de jeux de sociétés sont rares, et précieux. Ne les laissons pas crever si nous en avons le choix.

Je conclu donc en vous souhaitant d’excellentes parties de Shadow Hunter, et espère que vous l’apprécierez autant que mes amis, leurs amis, et moi-même ! Have fun !

 

Résumé des règles :

Trois équipes : Hunters, Shadows et Neutres.

La partie se termine lorsque les shadows ou les hunters sont morts, ou lorqu’un personnage neutre accompli son objectif personnel.

La victoire est par équipe. Si un hunter tue tous les shadows, même si ses camarades sont tombés au combat, c’est l’équipe entière qui gagne.

Un tour se déroule de la manirèe suivante : déplacement sur un lieu à l’aide d’un jet de dès, activation ou non du pouvoir du lieu et des cartes, attaque (facultative) d’un adversaire à portée.

Les cartes visions permettent d’obtenir des informations sur l’identité des joueurs

Les cartes ténèbres et lumière fournissent des équipements ou activent des événements aléatoires.

Chaque personnage dispose d’une compétence unique qui est utilisable uniquement si l’on est révélé. On peut se révéler à tout instant, mais on ne peut pas se révéler au moment ou l’on subit des blessures (parce que techniquement, si l’on meurt avant, c’est trop tard).

Les cartes personnages sont distribuées faces cachées en début de partie, et restent faces cachées à moins que le joueur décide de se révéler.

Have fun, good luck !

 

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