Test Castlevania Lords of Shadows 2: Du sang neuf dans la série?

Tests et Découvertes

18 mars 2014 - 02:39

Écrit par Michael Christen.

Ah, Castlevania, un doux nom qui fait tilter l’esprit des amateurs de jeux vidéo. Originellement en 2D, la série a connu un tournant majeur avec Lord of Shadows en 2010. Cette itération mettait toujours en scène le brave Gabriel Belmont mais cette fois-ci dans un univers ultra spectaculaire en trois dimensions. Ce fut une grosse baffe ainsi qu’un énorme succès critique à sa sortie. 4 ans plus tard, les Espagnols de MercurySteam Entertainment reviennent avec un deuxième opus ambitionnant de faire au moins aussi bien que son néné…euh aîné (les liaisons en français, c’est pittoresque).

Si vous n’avez pas fait le premier LoS, vous pouvez d’ores et déjà sauter ce paragraphe et en profiter pour aller vous le procurer au plus vite. Pour les autres, il s’agira d’un petit point sur l’histoire. Comme vous le savez, on incarne désormais Dracula puisque notre ami Gabriel a sombré du côté obscur. Reclus dans son château, le Prince des Ténèbres s’affaiblit avec ses infusions au Tampax, d’autant plus qu’il ne joue même plus à sa Xblood One. Heureusement, son fidèle pote Zobek va lui mettre un coup de pied dans le derrière et relancer Dracul dans le business. En effet, ce dernier se voit offrir la possibilité de rejoindre sa défunte famille, lui qui trouve que l’éternité tout seul, c’est long, surtout à la fin.

Du Lord ou du cochon

Voilà donc notre héros projeté en plein rue et premier choc, on est dans le présent (j’élude volontairement le tutorial). Mais attention, pas n’importe quel présent! Ne vous attendez pas à une copie de notre réalité mais plutôt à un univers steam punk gothique du plus…moche effet. Car là où le précédent opus avait réussi à nous bluffer avec des environnements aussi magnifiques qu’impressionnants, celui-ci ne nous offre pas la même générosité dans les décors. Ces derniers sont au contraire froids, insipides et peu inspirés, surtout en comparaison à ceux de Devil May Cry, jeu se déroulant plus ou moins dans ce contexte (surtout le dernier en date). Heureusement, les parties dans le passé sauvent les meubles en proposant un style dans la lignée de la série.

Voilà le type d'ennemis que l'on pourra rencontrer.

Voilà le type d’ennemis que l’on pourra rencontrer.

Le design des ennemis laisse lui aussi à désirer. Affronter des mécas volant à l’aide de jet packs et armés de mitraillettes (‘tain, je prends une rasade de whisky pour digérer ça) dans un Castlevania, ça fait mal. Mais devoir se transformer en rat pour esquiver des hommes-robots équipés de lance-roquettes à la place des bras, c’est blasphématoire! (je finis cul-sec la bouteille de whisky). Lesdites phases d’infiltration sont totalement risibles à cause d’un I.A. à la rue et de mécanismes répétés jusqu’au vomissement. Sans compter (et je vais mettre les balises spoil pour rager) que [SPOIL] bordel de merde, on joue Dracula, d’où est-ce qu’on a besoin de s’infiltrer?! On pète tout et puis c’est tout, bordel!!!! [SPOIL] Quant aux boss, ils montent progressivement en intérêt (heureusement car le boss à trois tête du début est une purge) même si, à nouveau, on n’atteint pas le niveau de LoS. Les dialogues manquent d’ailleurs cruellement de classe (malgré des doublages de qualité) et les antagonistes ont plutôt le charisme d’une moule que celui de Swagg Man.

Dracul, Dracul, viens ici que l’on t’enc…

Vous l’aurez compris, l’univers de ce Castlevania ne m’aura pas plu du tout. Si le passé s’en sort bien, le présent me donne envie de chier sur la tête du premier Espagnol qui passe. Le plus important malgré tout reste de défourailler du monstre à tour de bras. Sur ce point, pas de grosse révolution, les bases sont les mêmes. L’arme de base à une grande portée mais inflige peu de dégâts, l’épée permet de régénérer sa vie et les griffes sont très puissantes mais ne s’utilisent qu’au corps à corps. L’essentiel des fights repose sur le système de contre en bloquant au bon moment l’attaque de l’ennemi. En gros, il s’agit d’un copier-coller de son aîné. Les combos sont basiques de chez basiques (marteler un seul et même bouton suffira souvent) et la possibilité d’en acquérir de nouveau ou de les upgrader n’apporte pas grand chose.

La difficulté est mal dosée car si le jeu est plutôt facile, même en hard, il arrive parfois que l’on se prenne un simple coup et que l’on ne puisse plus rien faire si ce n’est mourir sans pouvoir se relever. Rageant, surtout que les checkpoints sont assez espacés. Le plus frustrant, cependant, se situe dans le manque de sensation de puissance. Cette carence ne provient pas franchement des combats (les troufions de base étant détruits en deux temps trois mouvements) mais plus précisément des situations. Je m’explique, le héros est censé être bien plus fort dans cet opus, or il est malmené comme Clément le no-life. Comme je le disais précédemment, le fait qu’il doit s’infiltrer me fout de l’urticaire mais ce n’est pas le pire. Faire mumuse sur un train à la Nathan Drake ou courir après les générateurs pour rétablir le courant, c’est un peu fort de café!

De (vam)pire en pire

La phase du théâtre est une réussite totale.

La phase du théâtre est une réussite totale.

Allez, ne nous arrêtons pas en si bon chemin pour les défauts. Pendant qu’on y est, citons encore que le jeu nous prend désagréablement par la main. Avant une phase de plate-forme, on nous montrer ostensiblement le chemin à suivre, les éléments importants sont en surbrillance et on nous rappelle sans cesse qu’on peut aller dans le menu pour faire des trucs (ah bon, je pensais pas). Un des points forts du précédent Castlevania était justement son immersion et son dépaysement, qui nous sont ôtées ici à cause de ces aides. Ah et dernière chose, si les alliés et ennemis pouvaient fermer leur grande gueule, ça serait trop. Les phrases répétées en boucle, ça va 5 minutes mais pas plus.

Pourtant, dans cet océan de reproche, il y a tout de même quelques archipels de bonnes idées à signaler. La phase dans la théâtre est excellente, les musiques sont bonnes et la possibilité de désactiver QTE est bienvenue. On retrouve par brefs instants la patte qui a fait le charme de LoS 1 mais c’est trop inconstant pour nous réjouir.

 

Alors, on a affaire à un étron qui mériterait à peine une place entre Rambo le jeu et la dernière performance de Lady Gaga? Je n’irai pas jusque là mais la déception est si grande que l’on désespère devant un tel gâchis. Le jeu alterne entre le mauvais et le moyen tout au long de l’aventure. Le jugement peut paraître sévère mais ayant été scotché par la premier (au point de le placer devant God of War III sur PS3), je suis tombé de bien haut. Mon seul conseil est soit de refaire Lord of Shadows, soit d’attendre une baisse du prix pour vous procurer celui-là.

 

Les plus:

– Univers gothique (passé) dans la veine de LoS 1

– Des musiques épiques

– De bonnes idées comme le théâtre

– Des doublages de qualité

– La possibilité de désactiver les QTE

– Un gameplay toujours aussi efficace…

Les moins:

– …mais très pauvre en combo et nouveautés

– Univers steam punk foiré

– Un gros manque de sensation de puissance

– Un scénario plat et des ennemis aussi peu charismatiques qu’originaux

– Des environnements trop peu spectaculaires

– Des phases d’infiltration risibles et inutiles

– ENOOOOOOOORME déception

– La désagréable sensation d’être pris pas la main

 Le bref et indispensable avis de Lucas Breithaupt :
Extrêmement plaisant pour ses phases de baston dans les ruines d’un château hanté, Lords of Shadow 2 perd vite de sa superbe quand il nous force à jouer les Solid Snake ou à se battre contre des démons sur le toit d’un train en marche.
Notons aussi qu’en-dehors de quelques exceptions de génie, LoS2 ne se révèle pas être musicalement à la hauteur de la prestigieuse lignée des Castlevania.
Le titre reste agréable à parcourir mais ne vous attendez pas à un coup de fouet aussi puissant que celui de l’épisode précédent ; la faute à des choix artistiques douteux ainsi qu’à un rythme haché.

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