Test: inFamous: Second Son, aussi incontournable que prévu?

Tests et Découvertes

04 avril 2014 - 03:10

Écrit par Michael Christen.

Depuis la sortie de la PS4, tous les regards étaient focalisés sur mars 2014. En effet, c’est le 21 de ce mois que sortait inFamous: Second Son, présenté comme l’oasis dans le désert de Gobi…euh Sony. Troisième volet d’une série développée par le studio de Sucker Punch (rien à voir avec le film éponyme), Second Son cristallisait les attentes des possesseurs de la PS4 (et même des autres) puisqu’il était le premier jeu en open-world à n’être conçu que pour une console next-gen. Alors cet épisode arrive-t-il à hisser la franchise au-delà du statut de « jeu sympathique mais qu’on oublie aussitôt fini » qu’elle avait jusqu’à présent?

Les deux premiers volets nous mettaient dans la peau de Cole McGrath, un coursier aussi charismatique qu’une porte de grange. Cependant, il allait devenir bien plus cool lorsqu’il ouvrit un paquet qui provoqua une monstre explosion. Suite à ça, il revint à lui avec le pouvoir de contrôler l’électricité et c’est là que les choses sérieuses commencèrent. inFamous, sorti en 2009, permettait de réaliser le rêve de pas mal de gamers en nous plongeant dans une ville, avec des supers pouvoirs et la possibilité de s’en servir pour faire le bien ou le mal. Bon, cela restait très manichéen (épargner quelqu’un ou le dessouder à coup de décharge dans le baba) mais se diriger dans une voie ou une autre permettait de développer des compétences spécifiques. Bien entendu, cette idée a été reprise dans le deuxième opus. Simplement, le personnage de Cole y était approfondi et surtout, l’aventure prenait place dans la ville de New Marais, pastiche de la Nouvelle-Orléans, très jolie et originale.

Delsin « vidéo » et des bas

Delsin s'amuse autant que nous avec ses nouveaux pouvoirs.

Delsin s’amuse autant que nous avec ses nouveaux pouvoirs.

Second Son met en scène un tout nouveau personnage prénommé Delsin, un mec qui a les bras longs. Pourtant, au contraire de son quasi homophone Dhalsim de Street Fighter, notre héros les utilise plutôt pour taguer que pour se battre. Pourtant, tout va changer lorsqu’un camion transportant des « Porteurs » (en gros, des gars comme Cole bardés de pouvoirs) aura un accident devant ses yeux. Les prisonniers s’échappent, Delsin absorbe les facultés de l’un d’eux en le touchant (pas de PEGI 18+, je vous rassure) et c’est parti pour le show, c’est parti Seattle est chaude! Et oui, il faut tout de même préciser que l’histoire se déroule 7 ans après les événement d’inFamous 2 et dans cette ville de l’État de Washington. Attention, l’atmosphère n’y est pas aussi bon enfant que dans Grey’s Anatomy. En effet, la mégapole est sous le joug du DUP et de son imbuvable directrice Augustine. Cette dernière veut emprisonner les Porteurs (alors qu’elle-même en est un, l’hôpital qui se fout de la charité, mon bon Monsieur) à tout prix et maintenant que notre brave Delsin en est un, il va en baver un max’. Pas lui directement puisque c’est sa tribu – il est amérindien – qui va en faire les frais, dans un premier temps. Un peu remonté par les événements, il jure de se venger et de chiper le pouvoir de miss Augustine pour soigner les siens.

Malgré le classicisme de l’histoire, force est de constater que les choses sont bien amenées. D’un côté, le personnage de Delsin n’est pas trop casse-bonbons. Au contraire du Dante du dernier Devil May Cry, la nonchalance et l’arrogance du bonhomme ne sont pas rédhibitoires. Même s’il fait un peu cliché du teenager américain, il est assez naturel dans sa manière d’aborder ses pouvoirs. En gros, il kiffe sa life de maîtriser la fumée et désire s’éclater…tout en éclatant des types du DUP au passage. Cependant, les autres protagonistes de l’aventure (qu’ils soient gentils ou méchants) sont caricaturés à l’extrême. De la toxo révolutionnaire en passant par le geek maladif, tous nous feront penser aux acteurs de bons vieux nanars décortiquées par sieur Debbache. De l’autre côté, la progression dans l’histoire est bien graduée et on n’a pas trop la sensation de se taper un gros tutorial à la God Of War où on débute avec tous les pouvoirs et on les perd ensuite. Seul bémol, les mécanismes pour les acquérir sont répétitifs et l’on tourne vite en rond. Pourtant, on ne s’ennuie pas car on déambule avec plaisir dans les rues d’une Seattle bien modélisée.

Vide mais néon-moins splendide

Assez parlé de l’histoire, intéressons-nous maintenant à la partie purement esthétique de cet inFamous. Tout d’abord, le choc sera grand. Positivement ou négativement? Un peu des deux car s’il est difficile de reprocher quoi que ce soit aux graphismes qui sont très réussis, il sera aisé de se moquer des animations de notre cher Delsin. La première phase du jeu sera à ce titre un véritable supplice pour notre pauvre cerveau habitué aux galipettes de notre cher Altaïr-Ezio-Connor-Edward-Desmond (putain, vous abusez Ubisoft!). Mais passé cet écueil – qui nous poursuivra toute la partie -, on pourra pleinement apprécier le travail fait sur les textures, les effets de particules et de lumière ainsi que sur la profondeur de champ. Certes, le fossé entre les anciennes générations et les nouvelles n’est pas immense mais il se fait ressentir sur ce genre de titre. Pas de clipping ni d’aliasing dans un open-world, c’est assez rare pour être signalé.

Sur le plan graphique, le jeu tient ses promesses: c'est vraiment beau!

Sur le plan graphique, le jeu tient ses promesses: c’est vraiment beau!

Maintenant, tout n’est pas parfait, le framerate n’est pas toujours constant (précisions que les ralentissements demeurent rares et peu perceptibles) et surtout, les rues manquent clairement de vie. Les voitures ne sont pas légion, les passants sont relégués au simple tas de pixels sans interaction. En fait, c’est difficile de cibler quelque chose en particulier mais l’ensemble sonne creux, surtout après avoir goûté au Los Santos de GTA V. Le problème se présente probablement à cause des pouvoirs de Delsin. C’est à dire qu’étant donné que ce dernier peut se déplacer tel Flash Gordon (Freeman??? Je veux mon Half-Life 3), planer tel un fumeur de joint ou voler tel un arabe, le joueur aura tendance à privilégier la voie des toits (plus moi, plus eux, plus tous ceux…Grégoire, sors de ce corps) plutôt que celle des rues, ainsi, on aura l’impression de se balader dans une ville sans personne. Cette impression est typiquement présente dans la série des Batman Arkham par exemple.

Laisse béton, il est trop puissant!

Bon, ça fait un moment que j’esquisse le sujet des pouvoir, et a fortiori du gameplay, sans l’approfondir, c’est donc le moment de les passer au crible. On va éviter de parler du béton car on ne l’acquiert qu’à la fin et n’est pas très utile (pas de finish move notamment). Ils sont donc au nombre de trois et regroupent la fumée, le néon et la vidéo. Évidemment, leur utilisation est limitée et il faudra se recharger à la source, comme on dit à Evian. Une voiture qui brûle permet de pomper de la fumée, une enseigne lumineuse du néon, etc. Toutefois, il faut signaler que l’on ne peut pas switcher librement d’un pouvoir à un autre. Pour ce faire, il faut aller drainer une source différente, ce qui implique de bien planifier ses assauts. Ainsi, chacune de ces formations nous permet d’aborder l’action d’une manière différente. La fumée s’apparente au fusil à pompe, très efficace à courte portée, mais ne permettant pas des attaques à distance ni une grande amplitude de déplacement. Le néon représente le sniper, avec la possibilité de ralentir le temps pour viser les points faibles de l’ennemi. C’est également le meilleur moyen de transport du jeu puisque c’est lui qui permet de sprinter plus vite que la lumière (vraiment Valve, vous êtes sûr?! Ah merde, c’est complètement H.S. cette fois). Enfin, la vidéo qui s’apparente à la mitrailleuse avec une grosse cadence de tir et la possibilité de voler ou de devenir invisible. Par contre, ne pensez pas vous la jouer discret avec cette dernière spécificité, le jeu n’étant vraiment pas fait pour ça.

Très faciles à utiliser, les pouvoirs se combinent bien afin de vous permettre de liquider des soldats à tour de bras. Parlons-en d’ailleurs des ennemis. S’ils sont nombreux et puissants, ils ne brillent en revanche pas par leur intelligence. L’I.A. n’est de loin pas le point fort du jeu, les réactions des gardes étant aussi limitées que les raisonnements d’Audrey Pulvar. D’ailleurs, le jeu est relativement simple (je l’ai fait en expert) et la seule véritable difficulté réside dans la lisibilité de l’action. D’une part, on peine à distinguer les ennemis qui se fondent un peu dans le décor et d’autre part, la caméra nous joue souvent des tours. En effet, la vitesse de déplacement de Delsin étant très vite boostée par ses pouvoirs, elle a tendance à nous perdre dans le feu de l’action. C’est d’autant plus handicapant que les unités adverses se déplacent également sans cesse. Les combats sont donc régulièrement brouillon et l’on pestera souvent contre Lakitu (ah, c’est pas lui le caméraman de tous les jeux vidéos?). Au niveau de la jouabilité, on regrettera l’usage inutile du pavé tactile. Franchement pas ergonomique, son utilisation est très superficielle et ne semble remplir qu’une condition fixée par Sony d’utiliser cette fonctionnalité qui réduit de manière drastique l’autonomie de nos manettes. Le reste des commandes est en revanche bien pensé et on prend son pied à retourner la ville. La sensation de puissance est au rendez-vous, au contraire d’un certain Castlevania (la déception est toujours présente).

Les ennemis ne feront pas franchement le poids face à l'étendue de votre puissance.

Les ennemis ne feront pas franchement le poids face à l’étendue de votre puissance.

Un jeu qui part en fumée

Si le jeu est très fun à jouer, il faudra en savourer chaque minute tant le plaisir est éphémère. Comptez une bonne dizaine d’heures pour le finir à 100% (missions secondaires comprises), c’est très court. Surtout que les objectifs annexes tournent rapidement en rond. C’est simple, on se croirait presque revenu dans le 1er Assassin’s Creed! On pète les antennes qui brouillent les communications, on nique les caméras de surveillance, on fait la peau à une poignée d’ennemis et rebelote dans la dizaine de quartiers qui composent la ville. Seul le fait de souiller les murs avec des tags ne sera pas rébarbatif car les designers se sont appliqués à créer des motifs stylés. Malheureusement, l’avalanche de missions secondaires ne parvient même pas à cacher un tout petit peu la brièveté de la quête principale. C’est simple, en ligne droite, ça ne doit pas représenter plus de 5-6 heures de jeu. Certes, il faut bien récolter quelques fragments pour tenir tête aux boss mais l’augmentation de la durée de vie qui en découle fait très artificielle. Il y a bien la possibilité de refaire le jeu en choisissant l’autre karma mais c’est léger. C’est dommage car on s’amuse énormément sur le jeu et on aimerait en avoir plus. Sûrement pour la prochaine édition puisque les développeurs voient en inFamous l’opportunité de faire de la série l’égal d’un Assassin’s Creed: « Ce ne serait pas un mauvais sort. inFAMOUS est un concept très large : une personne de tous les jours obtient des super pouvoirs et décide si elle veut les employer pour faire le bien ou le mal. Cette personne peut être de n’importe quel âge, de n’importe quel sexe, dans n’importe quel pays à n’importe quel moment. », explique Nate Fox, le réalisateur du jeu lorsque l’on lui demande si la série a le potentiel de se développer comme celle d’Ubisoft.

Alors au final, le jeu en vaut-il la peine? Je répondrai « Oui » mais à petit prix. Si inFamous: Second Son offre une bonne dose de fun et se révèle très beau, on ne peut s’empêcher de rester sur notre faim quant à la durée de vie. Maintenant, c’est sûr qu’il profite de l’absolu désert sur la console de Sony (et n’est pas un aussi gros foutage de gueule que Ground Zeroes) et que dans l’optique de faire tourner sa PS4, il est la seule option viable. Mon conseil: s’il vous reste une PS3, investissez dans les meilleurs titres de cette console que vous auriez pu louper, sinon vous pouvez vous procurer Second Son, vous ne regretterez probablement pas votre achat.

Les plus:

– Des graphismes très soignés

– Une jouabilité fun et aisée à prendre en main

– Des pouvoirs qui en mettent plein la vue

– Un personnage de Delsin intéressant

– La modélisation de la ville

– La sensation de puissance

– Les tags qui font honneur à cet art (n’en déplaise aux vieux réac’)

 

Les moins:

– Une durée de vie bien trop courte

– Les affrontements brouillon

– Les personnages secondaires trop cliché

– Un gros manque de vie dans la ville

– Les animations franchement mauvaises

 

 

 

 

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Un commentaire

  1. Un très bon jeu, je le conseille à tous, surtout sur PS4, ou, au final, à part Bloodborne, The Order et The Last Of Us, il y a peu d’exclues « Playstation » 🙁