Test : Persona 4 The Golden, le meilleur jeu de la Vita

Tests et Découvertes

28 février 2014 - 10:51

Écrit par Lucas Breithaupt.

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Vous allez mal, je le sens. Vous avez acheté une Vita à sa sortie et vous vous lamentez depuis sur la pauvreté de son catalogue. Oh, vous avez bien sûr joué à WipEout, Soul Sacrifice et Uncharted : Golden Abyss, vous avez même essayé de vous convaincre que Gravity Rush était plus qu’un sympathique jeu de plateforme et je peux difficilement vous en vouloir. Toutefois, sachez que vous avez maintenant une bonne raison d’avoir votre Vita. Un RPG, du lourd, du velu, comme on aime. Un jeu long et complexe qui pourra vous tenir en haleine pendant des dizaines d’heures. Bon oui OK, c’est le portage d’un jeu PlayStation 2 de 2009. Mais quel portage !

Au commencement était Digital Devil Story : Megami Tensei, un dungeon crawler à la première personne sorti sur NES en 1987. On y évoluait dans des donjons où il était possible d’attraper des monstres pour les utiliser en combat. Oui oui, comme Pokémon, mais neuf ans plus tôt. Forte de son succès, la série Megami Tensei continuera de se développer en devenant Shin Megami Tensei, mais aussi à travers deux séries spin-off nommées Devil Summoner et – celle qui nous intéresse aujourd’hui – Persona. Chacune d’elles a évolué de son côté en gardant les bases de Megami Tensei tout en y ajoutant quelques petites évolutions de-ci de-là. Persona garde par exemple le système de monstres à capturer mais s’affranchit de la première personne pour devenir un RPG plus « classique » avec combats au tour par tour et tout le tintouin.
Depuis, le succès de Persona est tel qu’il s’agit maintenant de la série la plus populaire des licences Megami Tensei. Ce qui nous amène en 2009, à la sortie de Persona 4 sur PlayStation 2, l’un des rares épisodes à avoir bénéficié d’une sortie européenne. La PS2 étant déjà dans de nombreux greniers poussiéreux au profit des consoles de nouvelle génération, le titre n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait. « Qu’à cela ne tienne !, a alors crié Atlus, ils vont en rebouffer sur Vita ! ». Oh, la bonne idée que voici.

Pitch, chacun sa brioche
Fraîchement débarqué de la grande ville, notre jeune héros (appelons-le « Céleri Fluo ») s’installe chez son oncle dans la petite province rurale d’Inaba. Dès ses premiers jours au lycée, il est mis au courant de l’inquiétante série d’enlèvements et de meurtres sévissant sur la ville dès qu’elle est plongée dans le brouillard. En effet, on retrouve régulièrement des cadavres accrochés aux différentes antennes télé de la ville. Il entendra aussi très vite parler de la légende du « Midnight Channel ». Il paraît qu’en regardant une télévision débranchée à minuit un soir de pluie, on peut y voir son âme sœur. Pas effrayé par ces légendes de pécores avinés, Céleri Fluo s’installe devant la télé et se rend compte qu’on y voit en fait les personnes enlevées, présentant des shows TV tordus. Et manque de bol, la dernière personne disparue est la camarade de classe qu’il aurait bien voulu s’attraper à la boum de fin d’année. Et comme par hasard, notre ami se rend compte qu’il peut entrer dans les télévisions et ainsi agir dans la Midnight Channel. Ni une ni deux, il monte alors une petite équipe avec des copains du lycée pour aller secourir sa camarade avant qu’elle ne serve d’épouvantail au sommet d’une antenne. C’est qu’on ne va quand même pas lui piquer la fille sur laquelle il a flashé. Surtout pas au début de l’aventure, non mais oh !

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Difficile de faire plus japonais.

Friendship is Magic
Le gameplay de Persona 4 est séparé en deux parties distinctes. Il y a d’abord ce que j’appelle la partie « estudiantine ». Comme tout pré-adolescent qui se respecte, il vous faudra aller en cours, répondre aux questions des prof’ (de petits QCM qui viennent de temps en temps titiller votre culture générale), étudier comme un chien et participer aux examens de fin de trimestre. Bien évidemment, vous pourrez aussi profiter de votre temps libre pour faire des petits boulots, vous inscrire à un club et – surtout – nouer des liens amicaux avec vos camarades de classe. C’est ici qu’intervient la première grosse caractéristique de Persona 4, à savoir les Social Links. Chaque personnage important du jeu vous proposera des activités que vous pourrez accepter pour augmenter votre lien avec lui. Chaque niveau de Social Link supplémentaire débloquera alors des capacités pour le personnage en question, mais aussi d’autres choses importantes dont nous reparlerons plus tard. Enfin, votre héros aura aussi de nombreuses caractéristiques (courage, diligence, éducation, etc) que vous pourrez faire évoluer par des petites choses du quotidien comme manger un plat trop épicé pour vous, garder des gosses ou étudier à la bibliothèque. Évidemment, certaines actions vous demanderont d’avoir un niveau assez élevé dans une caractéristique donnée. Par exemple, vous ne pourrez pas dire à une camarade qu’elle est jolie si vous n’avez pas assez de courage. Cette mécanique appporte une part d’imprévu très agréable dans les dialogues et autres options du jeu. Vous profiterez aussi de la partie estudiantine pour avancer sur l’enquête des meurtres du Midnight Channel. Et pour régir tout ce beau monde (examens, petits boulots et autres interactions sociales), il vous faudra garder un œil sur le calendrier ainsi que sur la toute puissante météo, outils indispensables pour gérer vos rendez-vous. Car certains magasins ferment quand il pleut, les jours fériés sont à guetter et les jours de brouillard rendent les donjons deux fois plus dangereux.

Donjons et draguons
Eh oui, les donjons. Car il ne faut pas oublier que Persona 4 est avant tout un RPG avec ses magies, ses monstres et ses combats au tour par tour. Grosso modo, entrer dans une télévision vous emmène dans une tour d’une dizaine d’étages qu’il vous faudra gravir pour atteindre le boss. Il s’agira généralement de détruire la version « sombre » de la personne enlevée, représentant ses secrets les plus inavouables. On y trouvera d’ailleurs de bonnes idées comme ce personnage à la sexualité ambiguë qui refuse d’assumer qu’il se cherche, vous menant alors à combattre contre des body builders habillés de fleurs pour libérer le malheureux et l’aider à faire la paix avec lui-même.
On se balade donc dans des labyrinthes à étages sans jamais vraiment hurler au génie du level-design puisqu’on ne fait qu’arpenter des couloirs à la recherche du prochain escalier. En revanche, il est important de noter deux bons points particulièrement importants. Avant tout : les monstres sont visibles. Ça devrait être un standard dans la totalité des jeux de rôles japonais mais c’est toujours un point à signaler vu qu’en 2014, certains développeurs continuent de nous faire bouffer du combat aléatoire épuisant (pour rester poli). Ensuite, sachez qu’il est possible de quitter le donjon à n’importe quel moment pour retourner vaquer à vos occupations d’étudiant et vous pourrez revenir au même étage sans vous retaper l’intégralité de la tour. Ne tardez quand même pas trop car la victime d’enlèvement pourra mourir si vous badinez trop ici ou là.

Système de combat addictif
Je vous disais plus haut que l’on passait son temps à se balader de couloir en couloir mais il serait injuste de réduire la partie RPG de Persona 4 à ceci tant les combats sont réussis.
Malgré une base qui ne fera pas frémir l’amateur éclairé de RPG japonais (tour par tour, magies élémentaires aux effets variant selon les ennemis et j’en passe), le jeu se démarque avec de nombreuses idées qui, une fois mélangées, rendent les combats fantastiques (en passant, mettez tous vos personnages en mode manuel, l’I.A. du jeu n’est pas à la hauteur de votre cerveau affûté). Par exemple, certaines capacités demanderont des points de magie mais d’autres (généralement les attaques physiques) iront directement piocher dans vos points de vie, ce qui demande une gestion minutieuse de vos attaques. Il y a aussi l’excellent système du « One More ». Si vous arrivez à lancer un coup critique ou un type d’attaque sur un ennemi qui y est particulièrement sensible, il tombera au sol et vous permettra de jouer un « tour supplémentaire ». Les combats deviennent alors très stratégiques et l’on réfléchit beaucoup plus à son plan de jeu. Attention toutefois, les ennemis aussi peuvent profiter de ce petit cadeau. Et si par chance vous avez mis tous vos adversaires au sol, vous aurez accès à l’All-Out Attack, un moment magique où toute votre équipe ira tabasser les ennemis dans un grand nuage de poussière rappelant les meilleurs moments des bagarres de villages dans Astérix et Obélix. Enfin, une fois un combat remporté, vous aurez parfois droit au Shuffle Time, où vous tirerez des cartes de tarot vous permettant de gagner des améliorations, des niveaux gratuits ou encore des personas.

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Une persona de cette qualité, c’est au moins 50 heures de jeu.

Bien plus riche et complexe qu’il n’y paraît
Parce que bon, persona par-ci, persona par-là, mais on ne sait toujours pas ce que c’est, Eh bien, il s’agit tout simplement des fameux monstres (classés par figures du tarot divinatoire) que vous utiliserez pour combattre. Vous pourrez en gagner durant les Shuffle Time et en stocker une petite dizaine qu’il est possible de faire évoluer. Mais – beaucoup plus intéressant – vous pourrez aller dans la Velvet Room, une petite pièce hors du temps apparaissant dans chaque épisode de la série, pour y fusionner des personas. Il est alors possible, dans la limite de votre niveau, de créer des personas puissantes à partir de deux ou trois autres plus faibles. Bien évidemment, cela engendre d’horribles dilemmes comme « Dois-je garder ma persona actuelle et son sort de feu ou bien passer sur celle-ci qui est bien moins puissante mais me permet de soigner toute mon équipe ? ». Et comme les développeurs trouvaient ça trop simple, ils se sont dit que certains jours du calendrier seraient propices à des fusions particulières, offrant des bonus pour tel ou tel type de persona créée.
Vous en voulez encore ? Allons-y ! Vous vous souvenez des Social Links évoqués plus haut ? Eh bien, chaque personne avec qui vous vous lierez d’amitié permettra d’offrir des bonus de compétences à des types de persona bien précis. Et là, je ne fais qu’effleurer une partie des mécaniques. Sous ses airs de délire nippon au design ultra-kawaï, kitsch et un peu cucul se cache en réalité un système de jeu d’une profondeur et d’une intelligence que je n’ai pas eu l’occasion de voir souvent dans un RPG. C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne ces dix dernières années.

Jouez à Persona 4, bordel
Comme je ne voudrais pas commencer à vous saouler avec un texte trop long, énumérons vite fait toutes ces petites choses dont je ne pouvais pas parler ailleurs. Avant tout, sachez que le rythme du jeu se prend une grosse baffe après le premier donjon, vous laissant presque six heures sans un seul combat, à profiter de la partie estudiantine du jeu. À part ça, les graphismes sont très propres (on est bien au-dessus de ce que proposait la version PS2), la direction artistique est extraordinaire, l’ambiance sonore aussi (les différents perso’ s’invectivent ou se félicitent en plein combat) et à quelques pistes près, la bande son est un régal.
Persona 4 possède un mode online malheureusement très gadget vous permettant de voir les choix des autres joueurs ou de leur demander de l’aide si vous galérez dans un donjon. Par ailleurs, le jeu est bien plus facile que la version PS2, ce qui est loin d’être un luxe tant on pouvait s’y arracher les cheveux par poignées entières. Bref, je pourrais encore noircir des pages virtuelles à foison pour vous parler de tous ces petits éléments qui font de Persona 4 un RPG exceptionnel mais je crois que tout ce qu’il me reste à faire est encore de vous ordonner de l’acheter.

Les plus :

  • Durée de vie (60-70 heures pour le finir en ligne droite)
  • Mécaniques de jeu complexes
  • Bande son
  • Ambiance générale / personnages
  • Esthétique Shōnen parfaitement assumée…

Les moins :

  • …mais qui ne plaira pas à tout le monde
  • Level-design peu inspiré
  • Une ou deux musiques un peu répétitives ; mais je chipote

 

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