Test Titanfall : nouvelle licence, vieilles idées

Tests et Découvertes

10 avril 2014 - 09:05

Écrit par Lucas Breithaupt.

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Ça y est, Titanfall est dans vos PC (ou dans vos Xbox One si vous êtes une personne de moindre goût), hip hip hip hourra. Ce jeu a, avant même sa sortie, divisé les foules : d’un côté l’on trouvait les fans de Call of Duty qui ont vu en TF le digne descendant de leur série favorite ; et de l’autre, il y avait ceux qui se demandaient si cette énième hype n’allait pas se résumer à la soupe habituelle garnie d’une poignée de croûtons. Les deux se sont trompés. Partiellement.

Ne tournons pas autour du pot, même si Respawn Entertainment donne clairement l’impression d’avoir manqué d’ambition sur de nombreux points (la faute à EA ?), leur jeu se révèle être une véritable tuerie. Mais attardons-nous malgré tout sur ce qui ne va pas.
Pour commencer, l’histoire ou plutôt le background qui enrobe le titre est digne d’une mauvaise série B, avec ses gentils rebelles de la Milice qui se battent contre les dictateurs de l’IMC. Sans déconner, tout y est. Le chef à la grande gueule, la nana intelligente et courageuse, le massacre de civils, le fond à base de « c’est la guerre alors ça va chier »… Et pour illustrer tout ça, Titanfall plonge le joueur dans une vraie fausse campagne multijoueurs qui ressemble plus à un interminable tutorial, destiné à nous faire débloquer deux types de robots supplémentaires. En d’autres termes, vous jouerez la campagne chez l’IMC puis la Milice afin de voir l’histoire des deux côtés, au travers de matchs multijoueurs classiques et vaguement scénarisés. Or, petit problème, le déroulement de cette histoire ne s’encombre pas trop du résultat des joueurs, créant ainsi des scènes ubuesques où le patron explique par radio que les mecs d’en face vous mettent une tôlée, mais que c’est pas grave, vous gagnez quand même. Sérieusement, les gars…

C’est l’histoire d’un mech
Une fois la campagne terminée en deux grosses heures, le joueur peut enfin se lancer dans le grand bain. Les matchs de Titanfall opposent deux équipes de six joueurs ainsi que de nombreux soldats dirigés par l’I.A. nommés les Grunts. On est toujours content de croiser lesdites I.A. qui mettent de l’ambiance à l’aide de petites animations comme une baston au corps à corps ou un bidasse qui traîne son pote en train d’agoniser. Puis, au bout de quelques heures, après avoir revu tout ça en boucle, la magie disparaît et les Grunts n’apparaissent plus à nos yeux que comme des sources de points et d’XP à farmer. Ce n’est pas un véritable problème en soi mais il fallait tout de même le noter quelque part.
En terme de modes de jeu, on ne peut pas dire que ce soit la panacée avec cinq variantes qui vont du Deathmatch plus ou moins trafiqué au « Last Titan Standing », avant de revenir sur une capture du drapeau classique ainsi qu’un « Hardpoint » à la Battlefield. Ce cruel manque de contenu s’explique aisément : Electronic Arts veut vendre des Season Pass et des DLC à gogo. Joie.
Cependant, l’espoir subsiste sur PC puisqu’une communauté de modders est en train de se mettre en place. Sur console, par contre, il faudra sans doute vous contenter à jamais de ce que propose le jeu de base… et ses DLC…

Le ridicule de visée
Quelques lignes sur le fameux « Smartpistol » (le pistolet ‘aimbot’) tant décrié. Dans les faits, le réticule de visée occupe environ 20% de votre écran et tout joueur adverse qui s’y attarde plus de 2,5-3 secondes sera verrouillé par l’arme. Ensuite, c’est clic gauche pour gagner et c’est tout. Sur PC, en face à face, un fusil à pompe ou une mitraillette gagneront 95% des duels contre le Smartpistol. Je n’ai pas eu l’occasion de tester le jeu sur Xbox mais, en théorie, puisqu’il est un peu plus difficile de viser avec une manette qu’avec une souris, j’ai bien peur que pour le coup, le Smartpistol se révèle être une arme véritablement redoutable pour ne pas dire cheatée sur cette plate-forme. Ce qui expliquerait pourquoi ça geint autant sur le forum officiel des développeurs. Une mise à jour réglera sans doute prochainement ce problème. Du moins, je l’espère.

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En accomplissant des succès, le joueur obtient des ‘Burn Cards’ à utiliser pour bénéficier d’un bonus le temps d’un spawn.

Gundam, va te coucher
Chaque joueur incarne un pilote de Titan, lui permettant ainsi d’en demander le largage toutes les deux minutes, voire moins en massacrant l’ennemi. Une fois au sol, la machine attend alors son propriétaire avec un court bouclier qui le protège des intrus et des tirs, permettant ainsi de grimper à son bord et de découvrir un gameplay proche de la partie infanterie, à la différence que le saut est troqué contre un dash. Le principal changement repose en réalité sur la résistance de la machine, symbolisée par un bouclier rechargeable, une barre de vie fixe et une dernière qui descendra inexorablement jusqu’à l’explosion. Oui, et quelques équipements secondaires qui, comme les armes, se débloqueront au fil de notre progression pour ouvrir l’accès à des missiles guidés et autres fumées électriques que seul Verdun n’aurait pas envié. Qui plus est, le joueur n’est pas obligé de rester à l’intérieur et peut descendre à tout moment pour laisser l’ordinateur de bord prendre le relais selon deux modes, à savoir « Guard Mode » et « Follow Mode ». Autant vous le dire tout de suite, un titan automatique qui se balade sur la map, c’est régulièrement un free kill ; je vous recommande donc chaudement de ne pas laisser traîner votre robot n’importe où si vous ne souhaitez pas le voir exploser au bout de vingt secondes.

Galopons sur les murs !
Côté pédestre, on notera également quelques grosses nouveautés par rapport à son lointain cousin Call of Duty, notamment les possibilités d’effectuer des doubles sauts, de sprinter sur les murs ou d’y prendre appui pour sauter dans une autre direction. Il faut bien comprendre qu’une fois le concept maîtrisé, il est possible de faire l’intégralité d’une partie sans jamais toucher le sol. Donc oui, ça marche plutôt bien et l’aisance des déplacements rend le gameplay vraiment rafraîchissant.
Même si un pilote se sentira désarmé en tombant nez à nez avec un titan au détour d’une rue, les combats restent équilibrés. Les joueurs encore à pied disposent tous d’une arme anti-Titan plutôt puissante et peuvent carrément sauter sur leur dos. Là, une trappe est ouverte et il ne reste plus qu’à vider ses chargeurs pour attaquer l’engin sans s’occuper de son bouclier. De son côté, la victime sera évidemment informée qu’un rodéo est en cours, lui permettant d’activer un éventuel équipement secondaire de défense, de compter sur les copains pour tuer l’importun, ou de carrément sortir pour lui régler son compte comme un grand garçon.

Imparfait en l’état
Malgré la petite brochette de défauts que l’on peut trouver, force est de constater que Titanfall est un FPS parfaitement huilé. Ici, les tricks s’enchaînent sans forcer, on se prend pour un dieu quand on déglingue un titan à la mitrailleuse et on a même un petit frisson quand le nôtre nous prend dans sa main pour nous enfouir dans sa carlingue au cours d’une animation très classieuse.
Si les aficionados de robots géants et de CoD seront satisfaits par le premier titre de Respawn Entertainment, ce sont au final -et on ne s’y attendait pas forcément- les fans des FPS frénétiques et hardcore tels que Quake qui seront aux anges. C’est nerveux, ça pète de partout, la quinzaine de maps possède un level design tout simplement génial, l’équilibrage n’est pas très loin de la perfection et même si le jeu semble un peu chiche en termes de contenu, il en récompense d’autant plus le skill pur. Bref, du bonheur en boîte pour les as de la gâchette.
Cependant, avec son matchmaking sommaire qui se contente de trouver des joueurs et rien d’autres, le soutien inexistant d’EA et Respawn du côté de l’Esport et son manque de contenu, Titanfall ne semble avoir pour lui que son gameplay millimétré : ce qui contentera déjà tous les nostalgiques de Quake et d’Unreal Tournament.
Le jour où toutes ces petites errances seront corrigées à coups de mises à jour et de mods, Titanfall ne sera plus seulement une alternative viable à Battlefield, Call of Duty et autres Team Fortress ; il sera carrément un jeu compétitif proche de la perfection qui pourrait, à l’image de CS, être joué durant plus de 15 ans.
En attendant ce jour béni, si vous n’êtes pas un grand esthète du FPS, vous pouvez vous permettre d’attendre une baisse de prix avant de vous ruer sur la bête.

Les plus :

  • L’équilibrage au poil
  • Rapide, frénétique, nerveux
  • Le level design
  • Les déplacements

Les moins :

  • Contenu calibré en vue des futurs DLC
  • Matchmaking ultra-limité
  • Le « scénario »
  • La scène Esport attend impatiemment qu’EA se bouge les fesses…

 

 

 

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