The Last of Us: Deux avis valent mieux qu’un !

Opinion

24 juin 2013 - 05:13

Écrit par Lucas Breithaupt.

Il n’est pas peu dire que The Last Of Us, le dernier né des studios de Naughty Dog, aura fait naître beaucoup d’espoirs et d’attentes au sein de la communauté vidéoludique. Présenté comme le chef d’oeuvre absolu de la Playstation 3, érigé au pinacle de cette console, le titre sortit le 14 juin dernier aura tôt fait de convaincre la presse spécialisée qui lui a décerné une cascade de bonnes notes. Dix jours après sa sortie, nous vous proposons un test un peu spécial puisqu’il sera composé de l’avis des deux (excellents) rédacteurs de ce blog. Nous vous dirons tout ce que nous avons pensé de ce jeu, des points les plus positifs aux défauts les plus rebutants. Sur ce, nous vous souhaitons une bonne lecture du test de celui qui sera, peut-être, le dernier gros jeu exclusif à la PS3.

 The Last of Us : Vivra bien qui vivra le dernier

Chien méchant

Les plus jeunes d’entre vous, ceux qui ont découvert le jeu vidéo avec Call of Duty imaginent peut-être que Naughty Dog est un jeune développeur. Or, l’entreprise californienne est née en 1986 grâce à Jason Rubin et Andy Gavin sous le nom de Jam Software. Après quelques jeux Apple II, elle se renomme Naughty Dog et enchaîne avec Rings of Power sur Megadrive et Way of the Warrior sur 3DO, des titres que nous qualifierons poliment de «merdouilles oubliables». Il faudra attendre 1996 pour que Jason et Andy se fassent connaître avec Crash Bandicoot. Longtemps considéré comme la mascotte non-officielle de la PlayStation, Crash s’offrira quatre jeux (dont l’un des meilleurs clones de Mario Kart existants) souvent considérés comme des perles du jeu de plateforme 3D. Puis, en 2001, les loustics s’attaquent à la PlayStation 2. Nouvelle console, nouvelle licence. C’est cette fois-ci avec la série des Jak & Daxter. Succès critique et commercial sont au rendez-vous et, comme pour Crash Bandicoot, les trois épisodes seront suivis par un jeu de course, Jak X. La suite, on la connaît, c’est l’énorme carton des trois épisodes d’Uncharted sur PlayStation 3. Mais, contrairement à la tradition, pas de voiturettes pour Drake. La quatrième production de Naughty Dog sur cette génération sera un jeu d’action post-apocalyptique et déprimant appelé The Last of Us.

Dernier de la casse

Comment vous décrire le monde et le pitch du jeu sans spoiler ? De nombreuses années après que la planète ait succombé à une pandémie mortelle, les rares survivants se terrent un peu partout en essayant de glaner quelques jours de vie supplémentaires à la force de leur volonté et d’un bon gros fusil à pompe. Histoire de ne pas faire comme les autres, cette infection provient d’un champignon et se transmet non seulement par les morsures des infectés, mais aussi via des spores projetées dans l’air. Si les premiers symptômes transforment juste les gens en animaux enragés, les plus atteints ont le visage bouffé par des mycoses géantes et sont appelés les Clickers (sans doute Claqueurs dans la VF, je n’y ai pas touché), à cause de l’horrible bruit de gorge à la Predator qu’ils produisent en respirant. C’est dans cette ambiance de grosse fiesta qu’arrive Joel, que l’on pourrait décemment qualifier de bon gars. Toujours prêt à filer un coup de main, et parfois un peu bonne poire, il accepte d’escorter Ellie, une jeune adolescente ressemblant étrangement à Ellen Page, jusqu’à un camp de réfugiés. En réalité, c’est plus compliqué que ça, mais je me suis permis de vous faire la version courte.
Bien évidemment, le voyage va être long et bourré de petits imprévus, de ceux qui vous mâchouillent le mollet après vous avoir éventré ou vous logent une balle dans le crâne à la première occasion.

Il va y avoir du spore

Dans les faits, The Last of Us est autant un jeu d’action qu’un jeu d’infiltration. À de nombreuses reprises, le titre vous encouragera à passer discrètement entre les Clickers ou dans le dos de bandits plutôt que d’aller chercher la confrontation directe. Pour ce faire, Joel possède une arme dévastatrice : son ouïe. En se concentrant suffisamment (au risque de marcher plus lentement et de ne pas pouvoir utiliser d’arme), Joel peut visualiser les sources de bruit de manière limpide. Ensuite, il pourra se faufiler derrière un adversaire et l’étrangler ou lui suriner la gorge comme un sagouin. Toutefois, cela ne sera pas toujours suffisant et il suffira d’une bouteille mal lancée, d’une diversion ratée ou que sais-je encore pour se retrouver en combat. Et là, le bonheur est total. On retrouve les sensations d’Uncharted, les armes à feu ont énormément de punch, la visée est impeccable tout en restant exigeante et il existe une pétoire pour chaque situation. En revanche, les munitions se font rares et il faudra faire bien attention à ne pas les gâcher. Au pire, si vous vous retrouvez à sec, vous pourrez toujours régler certains de vos problèmes au corps à corps.
Ahhh, le corps à corps de The Last of Us… rarement je n’ai été aussi ravi de me retrouver à court de munitions. Les armes de mêlée frappent fort et vite, le jeu ne lésine pas sur le gore et pousse le vice jusqu’à proposer des bastons contextuelles en fonction de l’environnement où vous tabassez le fâcheux individu. Mais faites quand même gaffe, les armes de mêlée se cassent très vite et chaque coup est compté. Qui plus est, tenter le corps à corps sur un Clicker résultera en un game over quasi-immédiat, ce qui aurait pu être terrifiant et incroyablement couillu si le jeu ne dispersait pas ses checkpoints tous les cinq mètres.

Craftons, mes amis !

Ma partenaire de slow est-elle en bonne santé...?

Ma partenaire de slow est-elle en bonne santé…?

Il est grand temps de faire connaissance avec le meilleur ami de Joel : son sac à dos. La plupart des changements d’armes et autres mécaniques de gameplay passent par lui. La petite blague qui fait en partie le sel du jeu, c’est que le temps ne s’arrête pas quand Joel fouille dans son sac. Comme dans ZombiU, vous verrez toujours plus ou moins ce qui se passe autour de vous mais ne maîtriserez pas Joel tant qu’il est obnubilé par son cabas. C’est qu’on peut en faire des choses là-dedans. Confectionner des armes et des packs de soin à partir d’éléments ramassés un peu partout dans le jeu, améliorer son personnage (allant de la taille de la barre de vie à la vitesse de craft des objets) ou tout simplement troquer votre fusil à pompe pour un arc. Il sera aussi possible de trouver des manuels d’entraînement partout dans le jeu, permettant d’augmenter des capacités comme le rayon d’action des cocktails Molotov ou des bombes à clous. Enfin, en dénichant un établi, on pourra dépenser des bouts de métal glanés ici et là pour améliorer l’arsenal du héros. En parlant de cet arsenal, il est assez diversifié et chaque arme possède réellement ses forces et faiblesses, ce qui encourage à régulièrement en changer. Pour tout vous dire, c’est la première fois que j’utilisais régulièrement un lance-flammes dans un titre du genre, parce que le jeu m’a subtilement encouragé à le faire.

Crade postale

L’un des aspects les plus bluffants de The Last of Us, c’est l’intelligence de la corrélation entre l’ambiance visuelle, le level design et le gameplay. Alors que l’on passe son temps dans des niveaux assez ouverts, on ne se trompe jamais sur la direction à prendre et on devine où se cachent les spots truffés de loot, parce que tout nous y emmène naturellement. Plus agréable encore, le level design est peut-être l’un des plus crédibles vus à ce jour. L’emplacement des objets est toujours logique et on a l’impression de réellement arpenter une ville fantôme. Petit quiz surprise : depuis combien de temps n’avez-vous pas vu dans un jeu vidéo une pièce qui ne sert à rien, qui est juste là parce que c’est logique ? Vous ne savez pas ? C’est normal, la plupart des jeux oublient ce détail, qui fait la différence entre un univers solide et un train fantôme en carton pâte. Mais il n’y a pas que l’environnement qui nous plonge dans l’ambiance et il serait terriblement injuste d’oublier les personnages. Vous croiserez de nombreux survivants hauts en couleur, mais c’est bien entendu Joel et Ellie qui font la majeure partie du job. Deux personnages profonds et attachants, dont les différences sont régulièrement mises en avant sans pour autant être le principal moteur de leur relation. Au contraire des précédentes productions Naughty Dog, The Last of Us est incroyablement bien écrit et joué, ce qui rend les personnages vraiment vivants, qui auront d’ailleurs le bon goût d’évoluer tout au long de l’aventure. À ce sujet, ne ratez pas les dialogues optionnels entre Ellie et Joel, souvent savoureux. On appréciera aussi le fait qu’elle participe aux combats, alerte Joel quand un ennemi le prend à revers et commente certaines de ses actions, parfois avec dégoût. Un vrai bon sidekick et non pas un boulet pourri comme on en a trop vu.

Oh oui grand fou, suspends-moi l’incrédulité !

Arrivé à ce paragraphe du test, je me dois de vous expliquer un concept assez simple que les Anglo-Saxons appellent suspension of disbelief, et que nous avons pris l’habitude de traduire par suspension d’incrédulité. Derrière ce nom barbare se cache la propension que l’on a à «entrer» dans une œuvre et à accepter ce qu’elle nous dit comme étant une vérité en mettant notre scepticisme de côté. Par exemple, quand vous regardez un film de super-héros, vous ne passez pas votre temps à hurler à votre télé que Superman ne peut pas voler et que l’adamantium n’existe pas. Vous acceptez le postulat. Dans The Last of Us, mon incrédulité était suspendue à mort jusqu’à ce qu’un détail ignoble vienne me la jeter au sol et la tabasser à coups de rangers. Paranoïaque et prudent, je farfouille chaque nouveau lieu en restant accroupi, attendant le danger à chaque couloir. Sauf que mes camarades, eux, savent très bien lorsqu’un endroit est tranquille alors ils gambadent comme des cabris, me faisant comprendre que le danger est loin. Absolument débile et plutôt simple à éviter, cet écueil a réussi à me flinguer une majeure partie du stress en annihilant toute appréhension. Dans le même ordre d’idées, un personnage passe son temps à demander à Joel de fermer les portes derrière lui, action qui est en fait impossible plus tard dans le jeu. Quel dommage qu’une broutille aussi bête n’ait pas alerté les développeurs, qui auraient alors pu créer le survival cinématographique parfait.

Les derniers seront les premiers

Votre voyage ne fera pas qu'à pieds !

Votre voyage ne fera pas qu’à pieds !

Pour ceux qui n’en ont rien à faire ni d’un bon gameplay, ni d’une narration intelligente (je me demande ce que vous faites encore là) : la bande son et les graphismes. Oui, le 5.1 rend fabuleusement bien et oui, les musiques sont tout bonnement splendides. Les animations sont encore plus dingues que dans Uncharted 3 et les cinématiques reprenant le moteur du jeu et le lissant sont splendides. Mais on sent clairement que la PS3 est en fin de vie et que Naughty Dog est allé au bout de ce qui était faisable avec la grosse dame noire. Le jeu ne tourne vraisemblablement pas en 60 Hz, les cadavres disparaissent après un certain temps et le premier loading est interminable (montant facilement dans les 3 ou 4 minutes). Mais ne vous inquiétez pas, c’est l’un des plus beaux jeux console de cette génération, surtout grâce à la direction artistique (couleur, éclairages) qui met en valeur le moteur du jeu comme rarement.

Un petit mot sur le multi’

Je vais tâcher d’être bref sur ce point car il va sans dire que le cœur du jeu réside vraiment dans son solo. En gros, c’est simple et efficace ; de l’XP, de la customisation, des perks,… tous les grands classique des TPS/FPS de cette génération sont bien présents. La taille des maps est parfaite pour du 4v4 et celles-ci sont plutôt bien pensées. Le seul gros point négatif de ces joutes en ligne est le manque cruel de modes de jeu. Il n’y en a pour l’instant que deux : du deathmatch avec ou sans respawn. C’est maigre. Très maigre.
Les fans de CoD ne décrocheront pas pour passer sur TloS, c’est évident. Cependant, cet online est un complément honnête qui permet de prolonger le plaisir de quelques heures, on ne crachera donc pas dessus.

En résumé

J’étais parti pour ne vous recommander le titre qu’à petit prix, notamment à cause du souci détruisant la suspension d’incrédulité du joueur. Et puis, au bout de 15 heures en mode normal (en prenant tout de même le temps de fouiller un peu partout), l’audace des dernières étapes de l’histoire m’ont fait basculer. The Last of Us est un grand jeu, peut-être même le dernier en exclusivité PS3. Vous pouvez donc goulûment vous jeter dessus, à moins d’être réfractaire aux armes qui font boum et aux monstres qui font graou.

Lucas Breithaupt

The Last of Us: Quand Joel rencontre Ellie

Naughty Dog, le nom de ce studio de développement sonne comme harmonieuse mélodie aux oreilles de tous les gamers. Crash Bandicoot, Jak & Daxter et Uncharted, autant de classiques qui auront durablement marqué le monde vidéoludique. Ainsi à l’annonce de leur nouvelle licence  The Last Of Us, l’émoi était palpable dans la presse spécialisée et dans les forums. Après quelques mois à se dévoiler langoureusement comme une strip-teaseuse, The Last Of Us est enfin sorti sur Playstation 3 afin de nous montrer que cette dernière en a encore dans le ventre et surtout pour nous faire vivre une histoire de laquelle on ne ressort pas indemne.
Cette histoire justement narre l’épopée de Joel et Ellie, rares survivants dans un monde ravagé par une épidémie mortelle causée par l’apparition d’un virus 20 ans auparavant, en 2013. Ce virus, nommé Cordyceps, s’empare du cerveau des victimes et leur fait perdre la tête, transformant de braves hommes en de violentes créatures dont la seule motivation est la mort de quiconque croise leur chemin. Joel vit dans la ville de Boston, devenue alors une zone de quarantaine tenue par une junte militaire très restrictive et sévère. Exécutions sommaires dans les rues, rationnement drastique des vivres, autant dire que les choses ne sont pas roses à Bean Town. Joel mène sa petite vie et réussit à se débrouiller dans ce rude univers en transportant des colis. Jusqu’au jour où une marchandise un peu spéciale lui sera confiée par les Lucioles (Fireflies en V.O.) puisqu’il s’agit d’une jeune fille de 14 ans prénommée Ellie. Ainsi Joel devra délivrer ce colis en dehors des murs de la ville. Ce qui aurait dû n’être qu’un travail de routine va vite se transformer en une aventure longue et mouvementée.

Une réalisation aux petits oignons

Avec son ouïe supersonique, Joel entend un mime hurler à plusieurs kilomètres

Avec son ouïe supersonique, Joel entend un mime           hurler à plusieurs kilomètres

Comme on peut le constater, le ton donné par Naughty Dog à son œuvre est beaucoup plus sombre et mature que ses productions précédentes, qui étaient drôles et très deuxième degré. Ici, tout se veut réaliste et les teintes sont plutôt froides, poisseuses mais non moins magnifiques. C’est d’ailleurs au niveau visuel que se situe le premier choc offert par le titre. Les décors sont splendides, les animations fluides et les personnages sont très expressifs. C’est simple, on aurait pu craindre qu’après l’E3 et les démonstrations techniques mises en avant pour les consoles next-gen, le jeu souffre de la comparaison mais il n’en est rien. Il est d’ailleurs étonnant de voir qu’une console vouée à être remplacée dans un futur proche puisse encore nous bluffer à ce point. Chaque zone du jeu est un nouvel émerveillement et jusqu’à la dernière seconde, on reste bouche bée devant les émotions retranscrites par les personnages. Des larmes, des sourires, on passe de la joie à la détresse au travers d’une palette d’expression faciale que ne saurait renier L.A. Noire.
Ces sentiments nous sont également communiqués au travers de la mise en scène du jeu, deuxième choc pour le joueur. Uncharted a posé les bases de la mise en scène spectaculaire et on savait que les développeurs maniaient sans souci les ficelles propres à cet aspect. Sur ce point, on ne peut pas dire qu’ils nous ont déçus puisque l’on avance dans l’histoire sans voir le temps passer et en voulant toujours savoir ce qu’il arrivera aux protagonistes de l’aventure. De « notre » aventure, devrait-on dire, tant l’implication émotionnelle induise par ce jeu transforme le joueur en un membre à part entière de ce voyage au travers des Etats-Unis. On soulignera particulièrement l’introduction qui, en égalant presque celle de Max Payne (un modèle du genre), provoque d’entrée un sentiment d’empathie pour Joel et nous fait comprendre les réactions du personnage par la suite. Mise en scène dans les cinématiques donc, mais également dans le gameplay puisque le personnage de Ellie sera également développé pendant ces phases. Elle commente ce qu’elle voit, interagit avec les éléments du décor ou nous avertit de la présence d’ennemis, on n’oublie jamais sa présence et l’on s’attache à ce brin de femme, tantôt fillette innocente, tantôt femme caractérielle au vocabulaire plus chartrier que l’oncle Gérard après quelques coups de rouge dans le tarbouif. Pourtant les interactions entre les deux sont assez basiques et à part faire la courte échelle ou la faire flotter sur une planche, aucune phase n’offre d’actions plus poussées. Cependant, la relation évolue entre Joel et Ellie le long de l’histoire et les personnages que rencontreront les protagonistes au cours de leur périple sont très bien choisis et offriront de jolies émotions eux-aussi. On peut le dire, le casting est sans faute. Les voix (j’y ai joué en V.O.) sont excellentes et collent vraiment bien aux personnages.

Une durée de vie plus qu’acceptable

Des gros mots, vous allez avoir le temps d’en entendre tout au long de l’aventure puisque celle-ci est longue, environ quinze heures pour une partie en mode Normal. Une très bonne durée de vie pour un titre du genre, surtout que l’on ne s’ennuie pas une seconde. Le jeu est très bien calibré et les phases durent ce qu’il faut pour ne pas que la lassitude ne pointe le bout de son vilain nez. Une fois que le clap final retentit, le joueur n’aura pas l’impression d’avoir passé l’équivalent de deux jours de travail devant sa console. Le subtil cocktail infiltration-découverte-action se révèle délicieux en bouche et ne laisse pas une gueule de bois au réveil, si ce n’est une sensation de vide car l’histoire est terminée. Il faut souligner les effets sonores, et plus précisément les musiques, qui sont aussi discrets qu’indispensables pour créer l’ambiance qui se dégage du titre. On ne peut faire confiance à personne et le joueur se questionne sur la véritable nature de l’être humain, qui se revendique civilisé mais est incapable de le rester quand les temps sont durs. Il est capable des pires atrocités et ne raisonne plus qu’individuellement lorsque ses instincts primaires reprennent le dessus. On perd notre foi en l’Humain, si tant est que nous en avions encore beaucoup, au fur et à mesure que nous avançons dans le titre, ce qui confère un cachet supplémentaire à ce titre et contribue à son ambiance aussi prenante.

Des ennemis aussi variés qu’intelligents…

Les "Executions" en multi sont jouissives

Les « Executions » en multi sont jouissives

Parlons maintenant du gameplay, là où le bât blesse. Comme subtilement évoqué dans le paragraphe au-dessus, le jeu alterne entre les phases d’infiltration et celles d’action. Les premières forment la substantifique moelle du titre et l’essentiel des passages du jeu se doit d’être passé discrètement, les ennemis étant soit trop nombreux, soit trop puissants où les deux à la fois. Les phases d’actions, quant à elles, sont vraiment bourrines et il est assez jouissif d’exploser des infectés à la pelle. Les antagonistes, parlons-en justement. Il n’y en a pas beaucoup de sortes différentes et on peut le regretter. Ils se définissent par leur degré d’infection. Il y a tout d’abord les Coureurs (Runners en V.O.), qui ne sont pas forts individuellement mais qui assaillent facilement Joel et Ellie. Les Claqueurs (Clickers) sont quant à eux aveugles et ne se repèrent qu’au son. Il est assez facile de jouer avec cette particularité en les attirant dans un coin en balançant une bouteille. Les Colosses (Bloaters) n’apparaissent qu’à de rares occasions et sont en quelque sorte les boss du jeu. Puissants tant au corps-à-corps qu’à distance et très résistants, ils useront quelques-unes de vos munitions limitées. Puis, il y a les humains normaux, armés jusqu’aux dents, qui vous poseront le plus de problème. Et c’est tout, seulement quatre types d’ennemis, c’est peu, trop peu pour un jeu de cette durée de vie. On aurait aimé plus de diversité afin de devoir renouveler nos stratégies pour les éliminer. Au final, on se retrouve à toujours user des même stratagèmes, ce qui est vraiment dommage. Certes, le joueur peut upgrader ses armes et en crafter de nouvelles (cocktails molotovs, bombes artisanales) mais cela reste à nouveau classique.
Surtout que l’IA des ennemis est souvent prise à défaut et il arrive qu’un vilain ne vous repère pas alors que vous êtes clairement dans son champ de vision. Vos coéquipiers ne peuvent également pas se faire repérer, ce qui est positif, mais est très mal géré. En effet, comment expliquer qu’un personnage passe en courant devant un ennemi, lui rentrant presque dedans, sans que celui-ci ne bouge le petit doigt ? Pour un jeu qui se veut réaliste (temps pour se soigner, créer des objets, munitions rares,…), cela fait tâche. Le joueur peut également « écouter » en pressant sur une touche, ce qui a pour but de repérer les ennemis à travers les murs. Très utile, cette fonction rend néanmoins le jeu un peu facile et je conseille d’éviter de trop l’utiliser.

Du déjà vu ?

Voilà le principal reproche que j’ai à faire à ce jeu, il ne prend aucun risque. Certes, Naughty Dog a lancé une nouvelle licence et l’on ne peut que se réjouir de cela, mais au final, The Last Of Us nous laisse la sensation d’un très bon jeu, mais auquel on aurait déjà joué. Les mécanismes de gameplay sont vus et revus, les fusillades nous font penser à Uncharted, l’histoire de l’épidémie avec des zombies (oui, infectés, zombies : même combat) semble être la nouvelle norme aujourd’hui, le périple nous fait penser à La route de Cormac McCarthy. En bref, ce jeu est un melting-pot des bonnes idées à droite à gauche et ne semble jamais innover, simplement améliorer. Je m’interrogeais à propos de l’originalité dans le jeu vidéo et celui-ci illustre parfaitement mon inquiétude. Je ne nie pas avoir passé un excellent moment en jouant à ce jeu mais durant cette expérience, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « Tiens, j’ai déjà vu ça » ou « Hey, mais ça me fait penser à tel ou tel jeu ». De plus, la progression se fait dans des couloirs, où seul un itinéraire n’est possible, ce qui est un peu antinomique avec le concept de survie. Je conçois bien qu’il était difficile d’instaurer une telle mise en scène dans un univers plus vaste, mais cela me confortait dans mon idée que The Last Of Us est un Uncharted mature où les phases d’action ont été remplacées par des phases d’infiltration.
Pour résumer, ce jeu est une expérience émotionnelle intense qui ne vous laissera pas indifférent et de laquelle on ne sort pas tout à fait pareil. Cependant, suite aux divers tests et aux avis dithyrambiques que j’ai lus, j’ai été un peu déçu une fois le titre fini. Je ne peux décemment pas vous déconseiller de mettre la main sur ce jeu car il est très bon mais pouvait-il être autre chose que bon puisqu’il n’a fait que reprendre de bonnes idées ? Pour ainsi dire, je ne peux placer The Last Of Us dans la liste des classiques vidéoludiques à cause…de son classicisme justement !
Michael Christen

Récapitulatif de Lucas

Les plus : 
  • Graphiquement éblouissant
  • Musiques superbes
  • Touchant
  • Écriture et narration au top
  • Tire le jeu vidéo vers le haut
Les moins :    
  • Suspension d’incrédulité (j’y tiens)
  • L’IA, parfois défaillante
  • Le framerate

Récapitulatif de Michael

Les plus :
  • Des graphismes superbes
  • Un scénario génial
  • Une mise en scène époustouflante
  • Une ambiance captivante
  • Des personnages attachants
Les moins :
  • Une sensation de « déjà vu, déjà joué » très agaçante
  • Une IA pas très maligne
  • Patchwork de divers jeux

articles recommandés

Maman, j’ai raté la finition!

Vidéo: Flash Gordon Freeman ne fait pas les choses à moitié!

Speed run: Tony Hawk’s Pro Skater 3

Place aux commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.